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Quand la politique ne devient que stratégie marketing

1er décembre 2016 - Par Louis Massicotte, publicitaire

De nos jours, nous vivons dans un monde de data, où il est possible de cibler, de microcibler et de dire exactement aux gens ce qu'ils veulent entendre en connaissant leur profil, leurs habitudes médias et même leurs opinions. Et nous pouvons le faire avec peu d'argent. Sans compter que la population et les médias peuvent relayer l'information sans cesse en notre faveur si nous avons la finesse et l'intelligence de faire bon usage des techniques de provocation.

Le milliardaire Donald Trump n'a pas acheté sa présidence. Il a tout simplement obtenu de la pub gratuite et de l'impact sans payer ! La preuve en est que sa campagne aurait, semble-t-il, coûté la moitié de celle d'Hillary Clinton, entre autres grâce aux médias sociaux et aux médias gratuits qu'il a obtenus en provoquant sans cesse la presse, qui est tombée dans le panneau... parce que c'est bien de cela que nous parlons : de stratégies de provocation, du bon vieil adage « Parlez-en en bien ou parlez-en en mal, mais parlez-en ! »

À titre de publicitaire, j'ai été fasciné tout au long de la campagne Trump-Clinton. Et ce que j'ai remarqué de plus intéressant, c'est la méthode que Donald Trump a décidé d'appliquer, une technique similaire à la télé-réalité.

Le milliardaire Donald Trump n'a pas acheté sa présidence. Il a tout simplement obtenu de la pub gratuite et de l'impact sans payer !

Comme vous le savez sans doute, cet homme a été la vedette d'émissions de télé-réalité pendant près d'une décennie et je soupçonne que c'est là qu'il a appris comment provoquer et comment obtenir le vote des gens ordinaires.

Avec le slogan « Make America Great Again », Trump a tout simplement repiqué le slogan de la campagne de Ronald Reagan en 1980. Il l'a même protégé par une marque de commerce afin de s'assurer qu'aucun autre candidat ne puisse l'utiliser dans la campagne électorale. Il s'est approprié le bénéfice des souvenirs de plusieurs républicains nostalgiques de l'époque de Reagan. Mais quand un milliardaire utilise un tel slogan, il fait instantanément référence à l'économie américaine et à sa propre capacité d'enrichir les gens. 

Avec le slogan « Make America Great Again », Trump a tout simplement repiqué le slogan de la campagne de Ronald Reagan en 1980. Il l'a même protégé par une marque de commerce afin de s'assurer qu'aucun autre candidat ne puisse l'utiliser dans la campagne électorale.


Sa recette politique allait a contrario du bon sens politique ‒ et du bon goût ‒, car elle incluait un peu de racisme, un peu de violence, un peu de misogynie et quelques déclarations incendiaires à propos du protectionnisme. Il a même plusieurs fois affirmé qu'il mettrait en prison Hillary Clinton !

En attaquant les immigrants et les musulmans, il savait qu'il gagnerait le vote des racistes. En attaquant les femmes, il savait qu'il gagnerait le vote des misogynes. En menaçant d'emprisonner Mme Clinton, il savait qu'il gagnerait les votes des Américains révoltés. Chacun de ces groupes représentait une petite tranche de l'électorat. Il n'a pas voulu plaire à tous : il a seulement voulu cibler les niches les plus influençables qui étaient à portée de main.

Ces petits pourcentages se sont additionnés dans une colonne, pendant qu’il s'assurait de bien cibler aux bons endroits avec les bonnes attaques. Peu importe les valeurs humaines véhiculées, peu importe le gros bon sens, puisque le but est de gagner et de devenir président.

Et si vous vous demandez à quel point la publicité gratuite offerte par les médias et par les gens dans les médias sociaux a eu un impact important en faveur de Donald Trump, je vous assure que cela a fait la différence. 

En regard de la publicité gratuite obtenue par les candidats, la compilation des valeurs totales n'avait pas encore été faite au moment où j'écris ce texte. Mais le New York Times avait publié, le 15 mars 2016, les chiffres qui suivent. 



Mme Clinton avait alors investi 28 millions de dollars en achats de temps publicitaire et les estimations de la maison mediaQuant en matière de publicité gratuite s'élevaient à 746 M$, soit un peu plus de 26 fois les achats publicitaires. C'est beaucoup !

Mais Trump avait pu, de son côté, limiter ses achats publicitaires à 10 millions de dollars, car la publicité gratuite dont il a bénéficié frisait déjà les deux milliards de dollars (1,898 G$)... soit 189 fois l'argent investi !

Pas de doute, Donald Trump sait compter. Même que ça fait un peu peur !

À propos de Louis Massicotte
En plus de posséder les plateformes Automatix.ca et optionshypothèque.com, Louis Massicotte signe notamment les campagnes publicitaires de New Look, du Village Vacances Valcartier et du parc Calypso au Québec et en Ontario.

 

 

 

 

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