PUBLICITÉ

Les enjeux de la conciliation travail-famille

31 octobre 2013 - Par Johanne Martin

La réalité des familles québécoises n’est plus ce qu’elle était il y a seulement 30 ou 40 ans. Les modèles ont changé, en même temps que les exigences liées au monde du travail. Petite incursion dans l’univers de la conciliation travail-famille.

 

Familles monoparentales, biparentales, reconstituées, élargies ; salariés qui ne se définissent plus strictement par le travail, mais également comme des parents, des conjoints, des proches aidants : de plus en plus, les individus sont à la recherche d’un équilibre entre les différents rôles qu’ils doivent jouer.

Dans un monde où les exigences sont élevées, où les tâches sont multiples et imposent une charge de travail croissante, où les échéances sont contraignantes et les horaires, souvent atypiques, nombreux sont les travailleurs qui réclament davantage de temps de qualité pour assumer leurs diverses responsabilités.

« La conciliation travail-famille vise, en fait, à réduire le stress, explique Myrka Maheux, vice-présidente et consultante en conciliation travail-famille chez Proxima Centauri. Ce que l’on tente de solutionner, c’est ce qui crée un conflit entre le travail et la famille. L’argent, le manque de temps, les situations qui occasionnent des tensions représentent des sources fréquentes de problèmes. »

Puisque la qualité de vie et la satisfaction au travail revêtent une importance grandissante pour les travailleurs, les entreprises ont tout intérêt à se préoccuper de conciliation travail-famille. D’autant qu’il s’agit, pour plusieurs personnes, d’un critère non négligeable dans leur décision de se joindre ou non à une organisation, ou encore de la quitter.

La conciliation travail-famille ne doit plus être perçue comme une option, mais plutôt comme un impératif et une stratégie pour propulser une organisation. Dans un contexte de rareté de la main-d’œuvre et de vieillissement de la population, les entreprises doivent s’adapter aux nouvelles réalités familiales afin de demeurer concurrentielles.

« Pour une entreprise, la conciliation travail-famille, c’est un engagement à l’excellence, soutient Élisabeth Petit, directrice Gestion capital humain chez EnGlobe Corp. Il est tout à fait possible de poursuivre une démarche de conciliation tout en gardant le cap sur ses objectifs financiers et en tenant compte des valeurs de l’organisation. »

Si bon nombre de causes débattues devant les tribunaux ont contribué à faire reconnaître l’obligation qu’a l’employeur de prendre des mesures d’adaptation à la situation familiale en milieu de travail, « il faut garder à l’esprit que la conciliation constitue une responsabilité partagée. L’individu doit faire des choix et on peut ultimement se poser la question : "Qui devrait assumer quoi ?" », conclut Myrka Maheux.

 

« Il faut garder à l’esprit que la conciliation constitue une responsabilité partagée. L’individu doit faire des choix et on peut ultimement se poser la question : "Qui devrait assumer quoi ?" »

- Myrka Maheux, vice-présidente et consultante en conciliation travail-famille, Proxima Centauri

 

Un exercice profitable

Les mesures permettant d’accéder à une meilleure conciliation travail-famille sont nombreuses et variées. Profitables aux employés, elles le sont aussi pour les organisations.

 

Horaire variable

« La plus populaire des mesures est sans contredit la flexibilité des horaires de travail, rapporte Marianne Roberge, consultante en conciliation travail-famille et présidente de la firme KOEVÄ. En fonction de ses obligations familiales et personnelles, un individu peut organiser son horaire tout en tenant compte des contraintes de l’entreprise. » Dans le même ordre d’idées, la semaine comprimée représente également une mesure répandue.

 

Télétravail

La possibilité d’accomplir ses tâches professionnelles à domicile ou à partir d’un bureau satellite fait partie des demandes les plus régulièrement adressées par les travailleurs à leur employeur. Selon les entreprises, le télétravail peut s’effectuer à temps plein, à temps partiel ou encore de manière occasionnelle.

 

Congés et banque d’heures

Certaines organisations choisissent d’ajouter des congés, rémunérés ou non, à ceux habituellement prescrits. S’il doit s’absenter pour des raisons familiales, l’employé peut y recourir. Parfois, le salarié dispose aussi d’une banque d’heures supplémentaires qu’il lui est possible d’utiliser pour faire face à ses obligations. « Dans ce dernier cas, il faut toutefois que l’entreprise s’assure que ces heures pourront être prises ! » prévient Élisabeth Petit d’EnGlobe Corp.

 

Vacances et formation

Des employeurs portent en outre attention au calendrier des vacances estivales pour tenir compte des congés des conjoints, des disponibilités des services de garde et de l’horaire des camps de jour. Plusieurs entreprises sont désormais ouvertes aux formules les plus diverses, y compris pour accommoder une personne qui souhaite poursuivre une formation.

« La plus populaire des mesures est sans contredit la flexibilité des horaires de travail. »

- Marianne Roberge, consultante en conciliation travail-famille et présidente de la firme KOEVÄ.

 

Des arguments convaincants

Attirer de nouveaux candidats, retenir les meilleurs, augmenter le taux de satisfaction et la performance du personnel, améliorer le climat de travail : les arguments en faveur de l’instauration d’un programme de conciliation travail-famille ne manquent pas. Pour se démarquer, l’employeur doit pouvoir miser sur une excellente réputation. Retenons aussi que plus un employé sent qu’il a de l’autonomie et de la flexibilité, plus il se sent motivé et engagé. L’organisation récolte assez rapidement les fruits des mesures de conciliation. Il s’agit souvent d’un projet mobilisateur qui entraîne une réduction des coûts à plusieurs égards », résume Mme Petit.

« Plus un employé sent qu’il a de l’autonomie et de la flexibilité, plus il se sent motivé et engagé. L’organisation récolte assez rapidement les fruits des mesures de conciliation. »

- Élisabeth Petit, directrice Gestion capital humain, EnGlobe Corp.

 

 

Mais comment s’y prendre ?

Bien planifiée et réfléchie, l’implantation d’un programme de conciliation travail-famille a toutes les chances de réussir. Là où l’improvisation n’a pas sa place, quelques règles s’imposent…

 

1. Dresser un portrait de la situation

Pour que la démarche puisse mener au succès, une volonté claire des dirigeants de l’organisation est bien entendu nécessaire. Une fois cette condition remplie, un inventaire des pratiques de gestion des ressources humaines pourra être fait. L’entreprise aura par la suite tout avantage à consulter ses employés afin de recueillir un maximum d’information sur leurs responsabilités professionnelles et familiales, de même que sur leurs attentes à court, moyen et long terme.

 

2. Mettre en place le programme

À partir du moment où le portrait de l’organisation et de ses travailleurs est connu, un plan d’action comportant des mesures adaptées à la réalité de l’entreprise peut être élaboré. Une communication fréquente, ouverte et transparente sera gage de réussite à cette étape. C’est le moment de mobiliser les employés autour de la démarche en vue d’accroître leur adhésion… et de promouvoir à l’externe, par différents moyens, l’existence d’un programme de conciliation travail-famille au sein de l’entreprise.

 

3. Assurer un suivi

Le programme doit demeurer dynamique : il importe de prévoir des mécanismes d’ajustement et de vérifier régulièrement l’adéquation entre les besoins et les mesures proposées. La mise en place de certains indicateurs tels la satisfaction des employés, le taux d’absentéisme et le taux de roulement permettent d’apprécier le rendement des pratiques de conciliation travail-famille. Pour assurer le suivi requis, il peut s’avérer judicieux de créer un comité.

Source : Proxima Centauri

 

Une certification
Au Québec, une entreprise peut obtenir une certification en conciliation travail-famille. Élaborée sous la coordination du Bureau de normalisation du Québec (BNQ), elle spécifie les exigences en matière de bonnes pratiques. Quatre niveaux de certification peuvent être atteints.

 

Autres articles dans cette édition

PUBLICITÉ
X