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Québec, la ville la plus intelligente du monde ?

7 juin 2012 - Par Johanne Martin

Du talent, de la créativité, de l’audace, de la concertation, des investissements, une volonté d’améliorer les services aux citoyens, de faciliter l’accès aux nouvelles technologies et de favoriser le développement durable : Québec possède tous les attributs d’une ville intelligente. Pourra-t-elle cependant, à la face du monde, officiellement en porter le titre ?

Au moment où vous lisez ce reportage, la réponse est sur le point d’être connue, si ce n’est déjà fait, alors que s’est s’ouvert le congrès annuel de l’Intelligent Community Forum (ICF) à New York, le 6 juin dernier. Pourquoi l’ICF ? Parce que c’est l’organisme internationalement reconnu qui, depuis 1999, tient ce prestigieux palmarès et désigne LA ville intelligente (ou smart city) de l’année.

Au départ, elles étaient 400 à avoir transmis un dossier de candidature. Une première sélection a permis de retenir 21 communautés – les Smart 21. De ce nombre, il n’en reste plus aujourd’hui que 7 – le Top Seven –, un groupe sélect composé des villes d’Austin (Texas), d’Oulu (Finlande), de Riverside (Californie), de Saint John (Nouveau-Brunswick), de Stratford (Ontario), de Taichung City (Taiwan)… et de Québec.

Soumis à un comité d’experts indépendants en janvier, les dossiers des finalistes ont été analysés en fonction d’une douzaine de critères et chacune des villes qui se sont démarquées pour avoir su « créer un contexte d’innovation unique et profitable pour sa communauté » a reçu, ce printemps, la visite de l’un des dirigeants de l’ICF.

C’est ainsi qu’en avril, le cofondateur de l’organisation, Louis Zacharilla, a foulé le sol de la capitale. L’accueil du représentant du Forum avait d’ailleurs fait dire au maire Régis Labeaume, quelques jours avant le début de l’opération séduction de trois jours, que le dignitaire « pourra constater par lui-même à quel point la population carbure à l’innovation et à la créativité » et que Québec « a tout ce qu’il faut pour mériter le titre de Ville intelligente de l’année ».

Par le passé, l’Intelligent Community Forum a couronné des agglomérations telles que Singapour (République de Singapour), New York (États-Unis), Séoul (Corée du Sud), Glasgow (Écosse), Mitaka (Japon), Taipei (Taiwan), Waterloo (Canada), Stockholm (Suède) et Eindhoven (Pays-Bas).

Mais qu’a Québec de si particulier ?

Depuis l’amorce, il y a un peu plus d’une décennie, des premiers efforts de diversification, la capitale a atteint une nouvelle maturité économique. Dans sa Stratégie de développement économique rendue publique en mars, l’objectif qu’elle poursuit de « se développer en tant que ville intelligente » y est très clairement exposé. Auparavant qualifiée de ville de fonctionnaires, Québec est devenue une cité innovante où règne un climat propice à la concertation.

C’est précisément dans ce climat que, sous la coordination de l’organisme de développement économique Québec International, la Ville de Québec, l’Université Laval, le Parc technologique du Québec métropolitain, Zap Québec, l’École nationale du divertissement interactif (ENDI), l’Office du tourisme de Québec, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) et des entreprises comme Bell, Beenox, Ex Machina et Frima se sont investis dans la promotion de la candidature de la capitale au titre de Ville intelligente 2012.

Pour se distinguer, Québec a notamment dû démontrer les retombées positives des innovations qui sont nées de ses entreprises, de ses établissements d’enseignement et de ses organismes publics dans le domaine des technologies de l’information, et ce, à différents égards. Les infrastructures publiques, le niveau d’éducation, la croissance des entreprises et l’amélioration de la qualité de vie des citoyens ont ainsi fait l’objet d’une attention particulière.

Dans la capitale, les exemples de réussite et les premières ne manquent pas. S’ils permettent déjà à la ville de rayonner un peu partout sur la planète, tous s’entendent pour dire que de recevoir le titre de Ville intelligente représenterait pour l’agglomération un puissant outil de marketing.

« La présence de Québec parmi l’élite des villes intelligentes nous ouvre la porte à un vaste réseau international et à de nouvelles possibilités, en plus de constituer un atout supplémentaire pour attirer talents et investissements », commente à cet effet le président-directeur général de Québec International, Carl Viel.

Quelques-uns des atouts qui permettent à Québec d’espérer le titre :

Le Consortium télésanté mobilité clinique est une initiative qui permet de s’assurer à distance de la bonne condition des patients.
Le Consortium télésanté mobilité clinique est une initiative qui permet de s’assurer à distance de la bonne condition des patients.
  • Les autobus Wi-Fi du Réseau de transport de la Capitale (RTC) et les diverses applications mobiles du Réseau, dont le service Nomade qui permet de consulter en tout temps les horaires et les trajets des véhicules.
  • Le système de détection mis au point par l’entreprise Leddar Tech qui rend possible, lors du passage de véhicules à une intersection, la synchronisation des feux de signalisation pour une meilleure fluidité de la circulation, réduisant du même coup les émissions de gaz.
  • L’Université Laval en tant que carrefour de savoirs, d’innovations, de recherches et de réflexions. Elle est aussi la seule université au Canada à posséder un Institut Technologies de l’information et Sociétés qui fédère les chercheurs.
  • Le projet de la place Technoculture, qui consistera à diffuser, au jardin de Saint-Roch et à la place de l’Université-du-Québec, des œuvres d’art sur écran, œuvres qui seront couplées à une interface Web et à une application qui permettront à la population d’interagir avec le milieu culturel.
  • Le système de suivi des soins de santé à domicile conçu par cinq entreprises (Almerys, Fujitsu, Domedic, Hospitalis et Mirego) qui ont allié leurs expertises en formant le Consortium télésanté mobilité clinique, une initiative qui permet de s’assurer à distance de la bonne condition des patients et d’optimiser les visites qui leur sont rendues.
  • Les applications pour téléphones intelligents mises au point par des entreprises de Québec. Ici, les exemples sont nombreux : Office du tourisme de Québec, Québec 511, Les rues de Québec mobile, le Musée de la civilisation, Redbull Insider…
  • L’École nationale en divertissement interactif, un modèle unique au Québec, née de l’alliance de cinq studios de jeux (Beenox, Frima, Sarbakan, Ubisoft et Longtail, aujourd’hui disparu du paysage). Elle forme des employés qualifiés pour répondre aux besoins de l’industrie en plus de développer de l’expertise.
  • Le Parc technologique du Québec métropolitain, qui regroupe une centaine d’entreprises et centres de recherche et plus de 5 200 travailleurs, dont 1 200 chercheurs et professionnels de recherche.
  • Le portail de données ouvertes de la Ville de Québec, une initiative du regroupement de citoyens Capitale ouverte qui s’emploie à rendre publiques des données cumulées par la Ville – par exemple l’emplacement des parcomètres et des toilettes publiques – dans le but d’en faire bénéficier la population.
  • Les bornes Wi-Fi exploitées par ZAP Québec et qui permettent de se connecter sans frais à Internet dans les parcs, les cafés, les bibliothèques et les principaux lieux publics sur près de 60 % du territoire de l’agglomération urbaine.
Le Réseau de transport de la Capitale offre une gamme d’outils d’information instantanée qui permet aux utilisateurs du transport en commun de bien planifier leurs déplacements en autobus. De plus, un projet-pilote actuellement en cours propose l’Internet sans fil gratuitement à bord de deux autobus et terminus.
Le Réseau de transport de la Capitale offre une gamme d’outils d’information instantanée qui permet aux utilisateurs du transport en commun de bien planifier leurs déplacements en autobus. De plus, un projet-pilote actuellement en cours propose l’Internet sans fil gratuitement à bord de deux autobus et terminus.
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