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Vie de château en Bretagne : Le Domaine de Rochevilaine

7 mars 2014 - Par Lise Giguère

Dans la région de Muzillac, près de Billiers dans le Morbihan, en Bretagne, se dresse un ensemble de maisons qui composent le Domaine de Rochevilaine.

Posé sur la pointe de Pen Lan, qui s’avance entre l’océan et l’estuaire de la Vilaine, cet ensemble hôtelier de luxe est un lieu unique et chaleureux qui réunit confort et gastronomie. Mais c’est également un incomparable musée à ciel ouvert, un autel du souvenir pour les Bretons et ceux qui veulent connaître leur histoire. Bref, le Domaine de Rochevilaine est une destination en soi.

Déjeuner d'été

Jadis, cette presqu’île était l’une des îles du Morbihan. C’était en ce lieu magique que les Phéniciens venaient chercher l’étain qu’ils revendaient ensuite à l’Égypte, la Judie ou l’Asie. Sculptée par les vagues qui se fracassent en rugissant sur les côtes déchiquetées de la Bretagne, cette pointe rocheuse effilée a conservé son aspect rude et sauvage et semble défier le temps. Longtemps, les Bretons ont fui ce site qui leur rappelait de mauvais souvenirs. Ce cap, situé à l’entrée de la Vilaine, conserve l’empreinte de naufrages, de raids vikings, de chants de marins, de livraisons d’armes, de batailles épiques, sans oublier le passage des soldats allemands ; bref, de 5 000 ans d’histoire.

Levée de lune magique

Fouiller l’histoire

À la fin du XIXe siècle, l’endroit était désert, à l’abandon. Puis est arrivé Henri Dresch, le premier propriétaire des lieux et un amoureux des vieilles pierres. De 1950 à sa mort, en 1978, l’homme n’a eu de cesse de fouiller la terre, mais aussi les environs, à la recherche de maisons en ruine (souvent depuis la guerre) qu’il rachetait et faisait transporter sur ce site, où il les remontait pour leur donner une seconde vie. En 2004, Bertrand Jacquet devint à la fois propriétaire et conservateur de ce musée à ciel ouvert. Sous sa direction, non seulement les lieux sont maintenus en état, mais l’établissement prend un nouvel envol.

Piscine d'eau de mer

Inspiré par cet extraordinaire site offrant 300 mètres de façade sur l’Atlantique, par son histoire et par le désir de faire découvrir les trésors qui y sont rassemblés, il l’améliore, le développe, l’embellit, crée des thématiques, aussi bien pour ses 39 chambres et suites que dans les soins offerts à son spa marin l’Aqua Phénicia. Guidé par sa passion,il en fait l’établissement que plusieurs considèrent aujourd’hui comme étant l'un des fleurons de l'hôtellerie bretonne et même l’un des plus beaux sites d’Europe.

L'un des bâtiments du Domaine : le Manoir de la Mine d'or

Manoir privé de type loft

Un voyage dans le temps

Il faut demeurer quelques jours au Domaine de Rochevilaine. D’abord, pour jouir pleinement des installations, du confort des chambres et de la beauté des lieux, mais également pour plonger au coeur de l’histoire de la Bretagne Dès que l’on franchit le « Portail de Vérité », un monumental porche du XIIIe siècle, une succession de bâtiments nous propulse dans l’histoire celtique : manoirs des XVe et XVIe siècles, douane à sel, maison de pêcheurs, château de granit et de verre, maison du vicomte, phare du XIXe siècle, sans oublier un jardin-citadelle embaumant les hortensias et les roses. On y trouve également des bois sculptés au Moyen Âge, des cheminées royales, des faïences de Quimper, des menhirs, un canon de la bataille des Cardinaux, une pierre philosophale et de nombreux autres trésors que l’on découvre au fil des promenades dans le jardin ou intégrés au décor même de l’hôtel ou de la galerie d’art.

Épicurien, amateur d’art et authentique amoureux de la Bretagne, Bertrand Jacquet a su redonner une âme à ce hameau breton. On ne peut que le féliciter et le remercier pour l’émotion qui continue d’habiter nos souvenirs, bien longtemps après que l’on eut quitté les lieux.

Détour gastronomique

Si pour une raison ou pour une autre, il est impossible de séjourner en ces lieux, il est possible de s’y rendre pour une visite, un soin à l’Aqua Phénicia ou un repas. Au restaurant (1 étoile Michelin), il faut réserver une table près des immenses baies vitrées qui donnent l’illusion de se retrouver sur la passerelle d’un navire. Elles sont d’ailleurs si près de l’eau que l’on doit, chaque matin, nettoyer le sel qui s’y est déposé.

Un peu d’exercice ?

On se doit également d’emprunter (du moins sur quelques mètres) le chemin des Douaniers. Créé sous la Révolution afin de permettre aux douaniers de contrôler la contrebande anglaise ou les chargements de sels, cet étroit sentier de terre offre des points de vue incomparables sur la Vilaine. Les plus audacieux peuvent même le parcourir en son entier (1 300 km entre Saint-Nazaire et le mont Saint-Michel), mais il leur faudra compter au moins 65 jours de randonnée.

Promenade champêtre

 

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