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Une industrie qui fait rouler l’économie

4 juillet 2012 - Par Johanne Martin

On l’imagine bien : les concessionnaires d’automobiles et de camions lourds représentent une force économique importante. Dans la capitale comme ailleurs en province, on les associe très souvent aux milieux d’affaires les plus dynamiques et les plus engagés.

Au pays, un emploi sur sept est lié directement ou indirectement à l’industrie automobile. À l’échelle de la province, uniquement dans l’environnement des concessions, quelque 35 000 emplois sont offerts dans plus de 800 entreprises, lesquelles versent chaque année plus de 1,5 milliard en salaires et avantages sociaux.

Au chapitre de leurs affaires, on estime que les concessionnaires gèrent annuellement des ventes de véhicules neufs qui totalisent 13 milliards de dollars, si l’on tient compte d’un prix de vente moyen de 33 000 $ par véhicule. Du reste, au Québec, on évalue que le marché global du service après-vente aurait compté, en 2011, pour plus de trois milliards de dollars, et celui des véhicules d’occasion, également pour une somme approximative de trois milliards de dollars.

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« À cela, il faut ajouter qu’au fil des ans, les titulaires d’une franchise de constructeur pour la vente de véhicules neufs ont investi, dans la province, au-delà de trois milliards de dollars en terrains, en immeubles et en équipements de toutes sortes. C’est dire toute l’importance de cette industrie », commente d’emblée le président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec (CCAQ), Me Jacques Béchard.

Au passage, le dirigeant de l’organisme à but non lucratif, qui a pignon sur rue dans la capitale depuis 1945 et qui représente plus de 95 % des concessionnaires du Québec, tient à mentionner que ne devient pas propriétaire d’une concession qui veut : s’il était possible de s’établir en affaires moyennant un investissement d’un ou deux millions de dollars il y a 25 ans, aujourd’hui, compte tenu des installations et de l’équipement à la fine pointe de la technologie qu’il est nécessaire de posséder, on doit plutôt prévoir entre six et dix millions de dollars pour lancer une concession.

Une année qui s’annonce bien

Bon an, mal an, environ 400 000 véhicules neufs – dont 8 000 camions lourds – sont vendus par l’ensemble des titulaires d’une franchise en sol québécois, soit 25 % du marché canadien. À ce nombre viennent s’additionner les transactions qui concernent près de 200 000 véhicules d’occasion et qui composent 35 % du marché provincial.

« L’an dernier, les concessionnaires ont vendu 415 000 véhicules neufs, principalement répartis entre les voitures de promenade et les camions légers, pour respectivement 56 % et 44 % des ventes environ. Cette année, à ce moment-ci, nous en sommes à peu près au même point qu’en 2011, mais la deuxième moitié de l’année devrait être meilleure que l’an dernier, ce qui fait en sorte que nous pourrions terminer 2012 avec des ventes supérieures de 5 % à celles de 2011 », croit le PDG de la CCAQ.

« Pour les constructeurs, si les 15 dernières années ont été sous le signe de la sécurité, les 15 prochaines seront certainement celles de l’environnement. »
« Pour les constructeurs, si les 15 dernières années ont été sous le signe de la sécurité, les 15 prochaines seront certainement celles de l’environnement. »

Pour 2012, plusieurs facteurs militent en effet en faveur de chiffres intéressants. La faiblesse des taux d’intérêt et la multiplication des promotions offertes par les constructeurs en font évidemment partie. « La compétition est féroce et cette compétition se fait au bénéfice du consommateur, confirme Me Béchard. Le renouvellement du parc d’automobiles entre également en ligne de compte, de même que la préférence des Québécois pour les véhicules à faible consommation d’essence, donc moins chers à l’achat en général. »

À l’heure des défis

Fortement interpellés par la question environnementale, les constructeurs fabriquent – on le constate particulièrement ces années-ci – des véhicules de plus en plus performants en matière de protection de l’environnement. Au Québec, d’ailleurs, près de 60 % des véhicules neufs actuellement vendus sont des véhicules à faible consommation d’essence.

« Pour les constructeurs, si les 15 dernières années ont été sous le signe de la sécurité, les 15 prochaines seront certainement celles de l’environnement. Il importe, bien entendu, d’améliorer les performances écologiques des véhicules, mais il faut aussi que les technologies deviennent abordables », formule celui qui entreprend sa 29e année à la tête de la CCAQ.

Parmi les autres défis de l’industrie figure la difficulté pour les entreprises de conserver et d’attirer de la main-d’œuvre. Dans l’automobile comme dans la plupart des secteurs d’emploi, le vieillissement de la population se fait sentir. Afin de combler ses besoins, la Corporation des concessionnaires s’est entre autres tournée vers les différentes commissions scolaires qui proposent des programmes de formation.

Selon Jacques Béchard, la dénatalité préoccupe aussi les gens de l’industrie de l’automobile. « En 2020, est-ce qu’il va encore y avoir des acheteurs ? se demande-t-on parfois. Tout indique que oui, puisque les projections qui ont été faites démontrent que l’immigration va compenser la baisse de natalité et qu’en 2025, la population canadienne aura franchi le seuil des 40 millions de personnes », rapporte le gestionnaire.

Des entreprises citoyennes exemplaires

Les retombées directes et indirectes des activités que mènent les franchisés associés au domaine de l’automobile sont nombreuses et touchent toutes les sphères de l’économie. Leur influence se manifeste jusque dans la communauté, où ils investissent massivement et sont impliqués dans une multitude de causes.

« Les concessionnaires sont de bonnes entreprises citoyennes, très engagés socialement, termine Me Béchard. Ils se distinguent non seulement par leur générosité, mais également par leur participation dynamique au sein d’organismes à but non lucratif ou à l’occasion d’activités sociales, culturelles et sportives. Annuellement, leur contribution financière s’élève à plus de six millions de dollars… rien de moins ! »

... Et à Québec ?

  • 70 000 véhicules neufs vendus sur le territoire de la Corporation des concessionnaires d’automobiles de la régionale de Québec en 2011 ;
  • Près de 5 500 emplois directs créés par les membres de la CCAQ dans la capitale ;
  • Quelque 130 concessionnaires font partie de la Corporation régionale, qui s’occupe notamment de l’organisation du Salon de l’auto de Québec, où pas moins de 70 000 visites ont été comptabilisées cette année ;
  • En ce qui concerne la vente de véhicules légers, Québec (17 %) se situe au deuxième rang des 10 corporations régionales chapeautées la CCAQ, tout juste après Montréal (37 %).

Des chiffres impressionnants

  • Au Canada, l’industrie automobile génère chaque année des revenus totalisant 156 milliards de dollars, lesquels sont partagés en 4 principaux secteurs : la vente de véhicules neufs (52,5 %), la vente de véhicules d’occasion (28,5 %), le financement automobile (57,8 %) et le marché de l’après-vente (17,3 %) ;
  • Au Québec, on compte près de 5 millions de véhicules légers en circulation : 68 % sont des automobiles et 32 %, des camions légers.

Source : CCAQ, Desrosiers Automotive Consultants et Statistique Canada

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