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Un monde sans Wi-Fi

3 février 2014 - Par Marie-Josée Turcotte

Si un être humain se réveillait après avoir passé les 20 dernières années dans le coma, je suis persuadée qu’il aurait tout un choc ! Il se demanderait surtout dans quel monde il a repris connaissance et pourquoi tout le monde se promène avec cet air absent, les yeux braqués sur un petit appareil qui semble aussi essentiel à sa survie qu’un respirateur artificiel. Rapidement, il constaterait que plusieurs de ces « zombies » ne semblent avoir qu’une seule préoccupation : accéder à un réseau Wi-Fi, où qu’ils se trouvent. Inévitablement, il se demanderait de quoi il s’agit, puisque le Wi-Fi est une invention somme toute récente, mais qui, à l’instar de la télévision, a transformé de manière irréversible le quotidien de l’espèce humaine, à un point tel qu’on ne peut pratiquement plus imaginer une vie sans Wi-Fi.

Chaque époque connaît ses avancées, qui finissent, tôt ou tard, par se transformer en acquis. Aux yeux de mes enfants, par exemple, le Wi-Fi et les appareils mobiles ont toujours existé. Quand je leur explique que maman a connu l’avènement de l’Internet et du courriel, ils me regardent comme si j’étais un dinosaure tout droit sorti de l’époque préhistorique. Mais la vérité, c’est qu’ils vivront exactement la même chose avec leurs enfants. Il y aura toujours une formidable invention pour redéfinir la manière de vivre, de communiquer et de travailler. Qui sait à quoi ressemblera le futur pour eux ?

En attendant de connaître le prochain avènement, il nous est permis, en 2014, de rester branchés 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 avec le bureau, la famille, les amis et tout l’univers si on le souhaite, et ce, peu importe où l’on se trouve sur la planète… ou presque. Si nous avons assurément gagné en efficacité et en liberté d’action, je suis moins certaine des conséquences de cette dépendance au Wi-Fi sur la santé mentale et les rapports humains. Si une personne ne fréquente que les lieux qui offrent le Wi-Fi gratuit, si elle choisit ses destinations voyage en fonction de ce service, si elle ne peut s’empêcher de répondre à un courriel, d’inscrire un statut Facebook ou de commenter sur Twitter pendant qu’elle vous parle, c’est signe, selon moi, qu’il y a un problème. Que le monde tangible se dissout au profit du monde virtuel. Mais pour y gagner quoi au bout du compte ?

N’allez pas croire que cette prise de conscience me protège de ce phénomène. Nous sommes tous susceptibles, à des degrés divers, de souffrir de cette dépendance. Mais parce qu’il est impossible de revenir en arrière sur le plan technologique, il faut donc apprendre à négocier avec cette réalité du xxie siècle. Avec une certaine discipline, je parviens, pour ma part, à me raisonner et à me « débrancher » quand je constate que ce monde virtuel devient trop envahissant et m’empêche d’être attentive aux gens et aux choses qui comptent vraiment.

Pour l’année 2014, je n’ai pris qu’une seule résolution : apprendre à vivre dans un monde qui n’est pas toujours Wi-Fi. Ranger le téléphone intelligent quand il fait barrage entre moi et l’autre pour entretenir de vraies conversations, et contempler plus souvent le monde qui m’entoure. Après tout, la vraie vie n’a rien d’une vidéo virale et elle ne se résume surtout pas à un statut Facebook, encore moins en 140 caractères !

Bonne année 2014 !

 

 

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