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Surprise, le NPD se donne une voix !

1er novembre 2012 - Par Donald Charette


Il aura fallu 17 mois pour que le NPD désigne un porte-parole pour la Capitale-Nationale. Ce mandat a été confié à Denis Blanchette, et c’est le chef lui-même, Thomas Mulcair, qui a annoncé que les sept élus de la région seraient parrainés par le député de Louis-Hébert.

Raison officielle pour avoir tant tardé : il fallait laisser les nouveaux politiciens s’installer
et « connaître les dossiers régionaux », dit le chef néo-démocrate. Excusez, je croyais que le fait de connaître les besoins de Québec était un prérequis pour solliciter un poste de député à Ottawa !

Denis Blanchette a été plus transparent quand il a indiqué que la priorité du NPD est de
faire les médias et de sortir notre députation locale de l’ombre. Depuis que les électeurs de la région ont basculé dans le giron du NPD le 2 mai 2011, nos élus ont fait preuve d’une grande discrétion, ne démontrant aucune cohésion interne, chacun poussant « son » dossier chouchou. Pressé de questions par les journalistes, Denis Blanchette a pointé trois dossiers prioritaires, soit la relance de la Davie, le pont de Québec qu’il faudrait bien dérouiller, et le développement du port. Pas un mot sur la reconstruction du Manège militaire qui traîne depuis quatre ans.

Dans le cas de la Davie, le NPD revient sur ses pas, car il avait laissé couler le chantier
maritime, à juste titre, lors de la dernière campagne électorale. Le NPD national avait
d’ailleurs applaudi (Denis Blanchette lui-même) quand Davie a été écartée du
mégacontrat du fédéral pour construire des navires. Comment le NPD peut-il maintenant voler au secours du chantier fantôme qui hante les finances publiques depuis des décennies ? Aux dernières nouvelles, les gouvernements travaillaient sur une ixième relance du chantier de Lévis avec un nouvel acquéreur, quitte à « ravaler » des dizaines de millions.

Le dossier du pont de Québec a pris le chemin des tribunaux et les élus n’y peuvent pas
grand-chose, nous a démontré l’histoire récente.

La politique fédérale reprendra du poil de la bête au cours des prochains mois. Les libéraux fédéraux attireront les projecteurs vers eux grâce à une course au leadership comprenant Justin Trudeau et, possiblement, Dalton McGuinty, le premier ministre démissionnaire de l’Ontario. Le scandale des commandites s’estompe lentement et ne fait pas le poids contre le « croustillant » de la commission Charbonneau.

Depuis qu’ils sont majoritaires, sans le Québec, les conservateurs ont superbement
ignoré le Québec. Le mouvement de l’opinion publique ontarienne en faveur du NPD
devrait forcer Stephen Harper et ses troupes à lorgner à nouveau le Québec. Il faudra se demander si Harper sera là en 2015 pour un quatrième mandat ou ne sera pas
tenté de renter chez lui, en Alberta.

Entre-temps, à Québec, on se met à s’ennuyer de Josée Verner qui, au moins,
connaissait les dossiers régionaux…

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