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Sur les pas de François-Xavier Garneau

30 mai 2016 - Par Jean-Marie Lebel, historien

Il y a 150 ans, en 1866, mourait l’historien François-Xavier Garneau. On ne lit plus guère ses livres de nos jours ; toutefois, son nom demeure vivant dans sa chère ville de Québec où une rue, une maison et un cégep portent son nom. Que sait-on de François-Xavier Garneau ? Qui était l’homme derrière les volumineux livres qui émurent plusieurs générations de lecteurs ?

Sa découverte du Vieux-Québec

François-Xavier Garneau était un homme réservé, assez timide. Il venait d’un milieu modeste. Il avait grandi dans le faubourg Saint-Jean de Québec, où il était né en 1809. Son père, qui avait appris le métier de sellier, s’était fait aubergiste sans trop de succès. Un jour, alors qu’il n’avait que 5 ou 6 ans, le jeune enfant, sans permission, traversa la porte Saint-Jean et s’égara dans les rues du Vieux-Québec. Les soldats anglais, dont la caserne occupait l’ancien collège des Jésuites, trouvèrent l’enfant paniqué et en pleurs, et le gardèrent dans l’attente de retrouver ses parents. Lorsqu’enfin survint le père angoissé, l’enfant était « assis sur les genoux d’un grenadier, jouant joyeusement du tambour au grand amusement des bons troupiers ».

La maison de la rue Saint-Flavien où Garneau termina sa vie. - Photo : Marc Pelletier


Il aurait voulu étudier au Séminaire

C’est à la petite école du « bonhomme Parent » que Garneau apprit à lire et à écrire. On raconte qu’il était un élève studieux, grave, presque taciturne. Il fit son cours primaire dans une école que soutenait financièrement Joseph-François Perrault. L’un des plus grands chagrins de Garneau fut de ne pas pouvoir faire des études classiques au Petit Séminaire, car ses parents n’en avaient pas les moyens. Heureusement que Perrault remarqua les capacités intellectuelles de Garneau et lui offrit un emploi à 14 ans dans son bureau au palais de justice, lui donnant accès à sa bibliothèque. Deux ans plus tard, il devint un clerc du notaire Archibald Campbell qui, lui aussi, avait une bibliothèque bien garnie. C’est ainsi que Garneau, grand lecteur, put parfaire ses connaissances et apprendre l’anglais et le latin. À 21 ans, il reçut sa commission de notaire. À 22 ans, avec ses maigres économies, il partit à la découverte de la France et de l’Angleterre. Il se trouva un emploi de secrétaire auprès du délégué du Bas-Canada à Londres. Son séjour de trois ans en Europe fut formateur, l’imprégnant des valeurs de liberté et de justice.

Le monument près de la porte Saint-Louis - Photo : Marc Pelletier


L’historien d’un peuple en quête d’histoire

À son retour à Québec en 1833, Garneau se mit à la pratique du notariat, de la poésie et du journalisme. Deux ans plus tard, à 26 ans, il épousa Marie-Esther Bilodeau. Ils furent locataires dans diverses maisons du Vieux-Québec et eurent 10 enfants, en perdant six en bas âge, en élevant quatre : Alfred, Honoré, Évangéline et Joséphine. En 1844, Garneau devint le greffier de la Cité de Québec. Mais cette fonction l’ennuyait. Sa nouvelle passion était l’histoire. Le premier tome de son Histoire du Canada parut en 1845. Durant 20 ans, Garneau consacra ses veillées à écrire et à réécrire ses ouvrages. En ces années où la survie du peuple canadien-français était menacée, Garneau cherchait à donner de la fierté et de l’assurance à ses compatriotes devenus minoritaires dans la colonie britannique du Canada-Uni.

La pierre tombale - Photo : Marc Pelletier


Le silence et la nuit

D’une santé fragile, Garneau usa peu à peu ses forces. Il décéda dans la nuit du 2 au 3 février 1866 d’une attaque d’épilepsie, compliquée d’une pleurésie. Il n’avait que 56 ans et 7 mois. Voltairien, il ne s’était converti à la foi chrétienne que sur son lit de mort, aux dires de son fils Alfred. Ses funérailles eurent lieu à la cathédrale et le corbillard, empruntant le long chemin Sainte-Foy, passa devant le monument des Braves que Garneau avait contribué à faire ériger. Au cimetière Notre-Dame-de-Belmont, l’inauguration de la pierre tombale, un an et demi plus tard, attira pas moins de 2 000 personnes. Le premier ministre P.-J.-O. Chauveau y fit alors un long discours à la mémoire de Garneau qu’il conclut ainsi : « Cette foule religieusement émue va s’écouler ; le silence va se faire en ces lieux, la nuit va descendre, mais à votre égard, le silence et la nuit ne se feront jamais dans nos âmes ! »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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