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Qui a peur des réseaux sociaux ?

4 mai 2015 - Par Marie-Josée Turcotte

J’en étais cette année à ma troisième participation au colloque Le printemps des réseaux sociaux, organisé par Colloquium. Au programme : des conférences et des ateliers portant sur Facebook, Twitter, LinkedIn, Pinterest, Yelp… De très beaux outils, encore sous-exploités, qui permettent de communiquer avec des auditoires souvent captifs et intéressés. Chaque fois que j’assiste à cet événement, j’en sors gonflée à bloc d’idées… mais également un peu déstabilisée.

Qui aurait prédit que le phénomène des médias sociaux serait à ce point mondial et que les individus, les entreprises et les organisations s’y investiraient en aussi grand nombre ? Qui aurait cru, voilà à peine 10 ans, que nous aurions à « négocier » avec une toute nouvelle réalité virtuelle, qui remettrait, en quelque sorte, en question notre manière d’interagir avec les autres et d’appréhender le monde. Cet univers aux contours encore un peu flous et aux règles à établir est indéniablement riche en possibilités, mais il comporte aussi sa part d’ombre…

Cet univers aux contours encore un peu flous et aux règles à établir est indéniablement riche en possibilités, mais il comporte aussi sa part d’ombre…

Comme en toute chose, il existe un revers à la médaille et les médias sociaux peuvent aussi devenir des armes à double tranchant. D’abord, parce que nous y passons beaucoup de temps collectivement, pendant nos heures personnelles, mais également pendant nos heures de travail. Ce phénomène envahissant est d’ailleurs devenu un véritable casse-tête pour plusieurs employeurs qui, en plus de devoir gérer les problèmes courants de ressources humaines, doivent gérer l’utilisation des médias sociaux par leurs employés.

Ensuite, parce qu’il est devenu presque impératif pour les entreprises et les organisations d’être présentes sur les réseaux sociaux. Peu de membres du personnel et de budgets étant alloués à la gestion de ces outils, il peut se créer une certaine pression à l’interne, alors que les employés chargés d’animer les communautés le font en surplus de leur tâche habituelle et à la mesure de leurs connaissances, tandis que les outils se raffinent et évoluent plus vite que leur capacité à les maîtriser. 

Et enfin, parce que les médias sociaux offrent une porte d’entrée royale aux « asociaux », qui prennent plaisir à salir la réputation des autres à coups d’insultes gratuites. C’est une attitude inacceptable et disgracieuse, mais qu’il est impossible d’enrayer totalement, surtout si l’on est une personnalité publique ou une organisation notoire. Ces dernières doivent aussi désormais se préparer à gérer des crises dans les médias sociaux. Ce sujet a d’ailleurs fait l’objet d’une conférence lors du colloque. De nos jours, les nouvelles se transmettent comme une traînée de poudre, pour ne pas dire comme un virus de la grippe, et peuvent provoquer une tempête dans un verre d’eau. Quiconque n’y est pas préparé pourrait en payer le prix.

Alors, dites-moi, avec toutes ces pertes de temps incalculables d’un côté et ces investissements en énergie de l’autre, avec toutes ces probabilités de dérapages et ces risques de controverses, est-il normal d’avoir un peu peur des réseaux sociaux ? Autrement dit, est-ce que le jeu en vaut vraiment la chandelle ? C’est une question que je me pose régulièrement, mais à laquelle je suis incapable de répondre à ce stade-ci de l’histoire. Chose certaine, ce phénomène semble là pour rester et n’en est peut-être qu’à ses débuts… Par conséquent, il nous faudra tous négocier avec ses succès et ses revers.

 

 

 

 

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