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Pierre Dugua de Mons veille sur son Vieux-Québec

1er juin 2018 - Par Jean-Marie Lebel, historien

Sur la photo : Le monument, les glacis et le bastion du Roi de la Citadelle. © Daniel Abel

Qu’il a fière allure ! Il semble sorti tout droit des romans de cape et d’épée d’Alexandre Dumas. Ce buste de bronze représente Pierre Dugua de Mons. Installé au pied des glacis de la Citadelle, il domine le Vieux-Québec et le fleuve Saint-Laurent. Ce monument fut dévoilé le 3 juillet 2007 par la mairesse de Québec, Andrée P. Boucher, qui n’eut alors que de bons mots à l’égard du sieur de Mons. Mais qui est donc ce mystérieux personnage ?

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Le monument domine le Vieux-Québec et le château Frontenac. © Daniel Abel

Aux jours du bon roi Henri lV

Dans un livre qu’il publia en 1966, l’historien Marcel Trudel tint cette réflexion : « Sans de Monts (Pierre Dugua de Mons), on peut présumer qu’il n’y eût pas de Champlain. » Et l’on pourrait ajouter : Et sans Champlain, il n’y eût pas de Québec au temps du roi Henri lV.

Samuel de Champlain, le fondateur de Québec, connaissait bien Dugua de Mons. Sous ses ordres, il avait participé aux tentatives d’établissement à l’île Sainte-Croix et à Port-Royal en 1604 et 1605. Et c’est à lui qu’il fit appel pour lui servir de témoin lors de son mariage avec Hélène Boullé en 1610. Champlain était fasciné par la Nouvelle-France. Il avait des projets. Dugua avait l’argent et des relations.

Jamais Champlain n’oublia la première fois qu’il remonta le Saint-Laurent en 1603 sur un navire de François Du Pont Gravé. Il y avait alors vu, pour la première fois, le site de Québec. Il en fut impressionné, au point qu’à l’hiver de 1607-1608, il fut capable de convaincre Dugua de Mons de prier Henri lV de lui redonner son monopole pour la traite des fourrures en Nouvelle-France et d’installer un poste de traite à Québec. Champlain plaidait qu’à cet endroit, on pourrait plus facilement qu’à Port-Royal créer des liens avec les tribus amérindiennes. Le cap favorisait la construction d’une forteresse et le rétrécissement du fleuve donnait la possibilité d’y arrêter des navires ennemis. Et c’est ainsi que le 3 juillet 1608, Champlain, mandaté par Dugua de Mons, débarqua sur la pointe de Québec pour y établir un poste de traite.

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Le buste représentant Pierre Dugua de Mons, une œuvre de Hamilton Plantagenet MacCarthy. © Daniel Abel

Il est vrai que Dugua de Mons ne vint jamais à Québec. Mais il avait déjà séjourné à Tadoussac et en Acadie, et connaissait assez bien l’Amérique. Comme Champlain, il était originaire de la Saintonge et avait participé à des affrontements des guerres de religion du côté des protestants. Henri de Navarre, devenu Henri lV, se l’était rappelé et l’avait nommé gouverneur de la ville de Pons.

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Le monument et des maisons de l’avenue Saint-Denis. © Daniel Abel

Venir de loin, regarder au loin

Lorsque l’on se rend de nos jours à Fléac-sur-Seigne, en France, dans le département de Charente-Maritime, on aperçoit une plaque marquant l’endroit où Dugua de Mons fut inhumé en 1628, sous un if plusieurs fois centenaire, face au château d’Ardenne où il s’était retiré en 1618.

C’est 379 ans après sa mort que Pierre Dugua de Mons eut l’honneur d’un monument à Québec, à la suite des démarches d’un comité de la Société historique de Québec que présidait Jean-Yves Grenon, diplomate canadien et ancien ambassadeur. Le buste de Québec est une réplique à l’identique du buste installé en 1904 à Annapolis Royal (Nouvelle-Écosse). C’est une œuvre du grand sculpteur canadien Hamilton Plantagenet MacCarthy, d’origine londonienne.

Et les destins de Champlain et de Dugua de Mons se croisent de nouveau. En effet, sur une carte, le fondateur avait décidé de nommer « mont Dugua » le promontoire où se trouvent aujourd’hui la Citadelle et… le monument en l’honneur de Pierre Dugua de Mons.

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