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Perspectives économiques et finances personnelles pour 2012

2 février 2012 - Par Johanne Martin

Une année sous le signe de la prudence et de l’incertitude

Si le regard des économistes et des conseillers en placement est braqué sur l’Europe et les États-Unis en ce début d’année, les mots prudence et incertitude sont certainement ceux qui reviennent le plus fréquemment sur leurs lèvres. Sous le signe de la volatilité des marchés, d’une certaine perte de confiance des investisseurs et des ménages en raison du contexte mondial, 2012 pourrait quand même réserver quelques belles surprises…

« Il n’y a pas de récession qui s’amène chez nous, mais beaucoup d’incertitude, résume Carlos Leitao, économiste en chef chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne (VMBL). L’année 2012 sera celle de la dette publique. Il faudra voir, ici et ailleurs, quelle sera la capacité des pays à digérer cette dette ; c’est assurément l’un des grands thèmes de l’année sur la scène économique. » Au Canada, le taux de croissance, plutôt faible, se reflétera par un produit intérieur brut qui oscillera autour de 1,8 % à 2 %. « C’est peu, moins que l’an dernier, mais 2012 sera plus égale que 2011 », commente M. Leitao, qui ajoute par ailleurs que le dollar canadien devrait demeurer proche de la parité avec la devise américaine.

« L’année 2012 sera celle de la dette publique. »
« L’année 2012 sera celle de la dette publique. »

Pour Robert Kavcic, économiste principal chez BMO Marché des capitaux, des forces contraires continueront, au cours des prochains mois, à tirer l’économie dans des directions opposées. Les consommateurs endettés réduiront leurs dépenses, alors que les entreprises disposant de liquidités investiront massivement.

Le ralentissement de la croissance de la Chine – qui devrait enregistrer une progression de 8 % malgré les contrecoups que lui fait subir la récession qui sévit en Europe – entraînera, prévoit-on, des répercussions importantes sur les exportations canadiennes de métaux et de commodités. « Dans ce contexte, les entreprises devront user de créativité, développer de nouveaux marchés, de nouveaux créneaux et porter un soin particulier à la productivité et à l’efficacité, indique l’économiste en chef de VMBL. À cet égard, disons-le, l’économie québécoise est en transition. En 2009-2010, nous avons mieux fait que les autres, mais nous allons maintenant vers une économie où il faudra améliorer tout cela et investir davantage. »

Si, selon BMO, la lenteur de la croissance des États-Unis imposera des limites au secteur manufacturier canadien, une nette amélioration de l’environnement économique est perçue chez nos voisins du Sud, amélioration dont le Canada pourrait bénéficier à court terme. « Aux États-Unis, l’économie se porte mieux qu’on le pense : des emplois se créent, l’immobilier est stable et les gens consomment. Il faudra miser sur tout cela en 2012 », rapporte Jean-Maurice Vézina, de Groupe Investors. En ce qui concerne la création d’emplois chez nous, après avoir connu une excellente année en 2010 et une année raisonnablement forte en 2011, 2012 s’annonce beaucoup plus modeste. Prudentes compte tenu du contexte mondial, les entreprises ne se lanceront pas dans un processus d’embauches massives, croient les experts.

« Au Québec, les données des trois ou quatre derniers mois ne sont pas très reluisantes au chapitre de la création d’emplois. Relativement préservée à ce jour, la grande région de Québec se fera tôt ou tard rattraper par les tendances actuelles. À cause de la fonction publique, toutefois, il n’y a pas de grandes réductions à prévoir, celle-ci stabilisant l’économie locale », prédit Carlos Leitao.

FINANCES PERSONNELLES

Sur les marchés boursiers, 2012 devrait réserver des surprises intéressantes, pensent bon nombre de nos spécialistes. Complexe et pleine de risques, elle sera cependant marquée par une très grande volatilité des titres. « Ce qui mène le marché boursier, c’est l’Europe, c’est le nuage gris, lance François Doyon, conseiller en sécurité financière chez Planium, SFL Placements. Après la turbulence européenne, il y aura de la croissance. »

Sur les marchés boursiers, 2012 devrait réserver des surprises intéressantes, pensent bon nombre de nos spécialistes.
Sur les marchés boursiers, 2012 devrait réserver des surprises intéressantes, pensent bon nombre de nos spécialistes.

Vice-président et conseiller en gestion de portefeuille chez RBC, Jean-François Dion suggère aux investisseurs d’acheter des actions dans des secteurs comme la consommation courante et les télécommunications, et d’éviter les commodités de même que les ressources naturelles, ce que préconise aussi Steve Buisson, vice-président, directeur de succursale et conseiller en placement chez VMBL. « Pour le marché canadien, il faut essayer d’acquérir des actions de qualité, qui versent des dividendes élevés ou, à tout le moins, stables, dans des secteurs défensifs », recommandent-ils. Selon M. Buisson, avec un portefeuille équilibré, on devrait obtenir un taux de rendement possible avoisinant les 5 %, alors qu’avec un portefeuille composé uniquement d’actions, le rendement devrait se situer autour de 7 %.. « Sur le marché des actions, il y aura de bons prix pour ceux dont la tolérance au risque est bonne », pressent-il.

Pour Jean-Maurice Vézina, planificateur financier chez Groupe Investors, le secret de la réussite se trouve dans la répartition des actifs. Il s’agit d’établir un équilibre entre les revenus fixes et les revenus variables, lesquels devraient respectivement et idéalement s’établir autour de 40 % et de 60 %. « À l’intérieur de cela, il faut faire les bons choix. Il importe également de tenir compte de la fiscalité. Le rendement est important, mais on doit aussi prendre en considération les revenus après impôt », tient à préciser M. Vézina.

Les risques et l’incertitude vont assurément pousser les banques centrales à garder leurs taux d’intérêt au plus bas, une situation qui perdurera encore plusieurs mois dans un contexte où le fardeau fiscal des Canadiens s’accroît, où l’endettement des ménages demeure préoccupant, mais où les consommateurs tendent à réduire leurs dépenses. « En 2011, d’ailleurs, les consommateurs canadiens ont dépensé à un rythme plus lent (1,9 %) que les Américains pour la première fois depuis 2004 », signale Robert Kavcic de BMO.

Enfin, du côté de l’immobilier, une attitude de prudence s’impose aussi. De l’avis de plusieurs, la forte hausse du prix des maisons ne peut se poursuivre si la construction résidentielle ne semble pas vouloir ralentir. Du point de vue de l’offre, la demande ne peut continuer à progresser. « Il faut être prudent, patient et ouvrir l’œil, car il y aura des occasions d’affaires à saisir, notamment avec l’acquisition d’immeubles à revenus, anticipe à cet effet Joël Warnet, président de SécurFinance. En immobilier, à cause du resserrement des critères des institutions financières, l’achat de propriétés devient plus difficile, les gens vont se tourner vers d’autres sources de financement. »

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