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Perspectives économiques et finances personnelles pour 2011

20 janvier 2011 - Par Gilles Levasseur

L’année qui débute devrait se montrer relativement favorable sur la scène économique, prévoient plusieurs experts. Tandis que la capitale continue d’afficher une performance remarquable sur le plan de l’emploi, la prudence est néanmoins de mise en raison de variables difficiles à contrôler.

ÉCONOMIE MONDIALE

Un vent d’optimisme malgré quelques incertitudes
Si les spécialistes affichent généralement un certain optimisme au regard de 2011, plusieurs facteurs de risque se profilent à l’horizon. « Ils sont élevés et proviennent de l’extérieur, explique l’économiste en chef de la Banque Laurentienne, Carlos Leitao. La performance des banques américaines et européennes, la guerre des devises entre les États-Unis et la Chine, l’aide publique aux pays européens endettés et le nouveau Congrès américain divisé, tels sont des facteurs qui peuvent avoir des effets considérables. Et l’un de ces risques est de voir le dollar canadien grimper bien au-delà de la parité en raison d’un affaiblissement de son vis-à-vis américain. Mais si tout se passe bien chez nos voisins du Sud, l’économie canadienne devrait évoluer dans la même direction et notre dollar devrait varier entre 97 ¢ US et la parité. »

M. Leitao prévoit que l’économie américaine reprendra de la vigueur de façon importante, surtout en seconde partie d’année, et que les taux de croissance canadien et québécois seront légèrement inférieurs à celui des États-Unis en 2011 et 2012, qui devrait s’établir autour de 2,5 %. Selon lui, l’élastique des dépenses publiques a été étiré au maximum chez nous et le non-renouvellement des investissements ralentira la croissance. Il estime, en outre, que de modestes augmentations des taux d’intérêt sont probables. « Mais la bonne nouvelle pour les investissements, ajoute-t-il, c’est que les marchés boursiers devraient continuer sur leur lancée amorcée l’automne dernier, résultat d’injections massives de liquidités de la Banque centrale américaine, et le Canada devrait emboîter le pas. Une performance boursière positive de près de 15 % a été enregistrée en 2010 et une hausse de 5 % à 7 % est envisagée pour l’année qui vient, alors que nous devrions retrouver les niveaux atteints en 2007. »

« Si tout se passe bien chez nos voisins du Sud, l’économie canadienne devrait évoluer dans la même direction. » - Carlos Leitao, économiste en chef, Banque Laurentienne

Chez BMO Investissements, le chef des placements, Serge Pépin, croit pour sa part que les mesures mises en place par les institutions fédérales soutiendront l’économie nord-américaine pour une période allant jusqu’à 24 mois et qu’il y a donc lieu de faire preuve d’optimisme. Il pense lui aussi que les taux hypothécaires augmenteront légèrement vers la fin du troisième trimestre, il entrevoit un dollar canadien un peu au-dessus de la parité et estime que le baril de pétrole franchira la barre des 100 $. Quant au TSX, il devrait retrouver le niveau des 15 000 points tandis que le PIB québécois s’apprécierait de 2,5 %. « En matière de placements, conclut-il, nous recommandons des portefeuilles d’obligations et d’actions, mais bien diversifiés avant tout, notamment à l’international, du côté des pays émergents. »

Au Groupe Financier Banque TD, l’économiste senior Pascal Gauthier parle de 2011 comme d’une année de guérison lente de l’économie. « À la suite de la crise aux États-Unis, les exportations canadiennes – notamment le secteur manufacturier québécois – se sont bien positionnées en diversifiant et en intensifiant leur pénétration des marchés émergents. En résumé, nous observons un ralentissement, comme un changement de vitesse sur la route, illustre-t-il. Nous pensons que la croissance sera relativement faible au Québec en 2011, reflétant une sorte d’essoufflement en grande partie chez les consommateurs, un marché immobilier en décélération, avec en toile de fond la perspective d’une hausse légère des taux d’intérêt. »

FINANCES PERSONNELLES

Serons-nous plus riches en 2011 ?

À cette question, le vice-président de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, Steve Buisson, répond par l’affirmative, mais que cela dépendra des véhicules de placement choisis. Il est d’avis que les gens qui opteront pour le marché obligataire – surévalué selon lui – doivent s’attendre à un recul du prix de leurs obligations compte tenu d’une légère hausse probable des taux d’intérêt en fin d’année. « Par ailleurs, comme les marchés boursiers offrent de belles perspectives en 2011 et que les États-Unis devraient faire meilleure figure que le Canada à cet égard, il est temps de profiter de la parité de notre dollar avec la devise américaine pour prendre des profits avec les actions canadiennes et acheter des actions américaines, idéalement celles d’entreprises qui versent de bons dividendes. Ces actions sont sous-évaluées et une portion de leurs revenus provient d’exportations vers les pays émergents. Par exemple, les fabricants de potasse, les compagnies d’uranium et de métaux de base voient leurs revenus augmenter parce que la Chine a besoin de leur production. »

M. Buisson suggère de revoir avec son conseiller en placements sa répartition d’actifs, d’évaluer sa tolérance au risque et de repositionner son portefeuille vers les États-Unis et l’international. « Si vous composez bien avec le risque, le deal en 2011 n’est pas l’immobilier, les obligations ou les revenus fixes, mais les actions dans des secteurs tels que l’uranium, le pétrole, les compagnies de chemin de fer, les télécommunications, l’alimentation et les matières premières en agriculture. »

Dans ses prévisions pour les prochaines années, le vice-président et économiste en chef aux Études économiques du Mouvement Desjardins, François Dupuis, considère notamment, avec le redressement des finances des États et la réduction de la guerre des taux de change, l’assainissement du bilan financier des ménages comme un enjeu majeur permettant « une hausse continue de la contribution des dépenses de consommation à la croissance économique », surtout dans un contexte de vieillissement de la population et de hausse probable des taux d’intérêt. « La demande pour le crédit devra suivre de plus près l’évolution des revenus, écrit-il, et non […] celle de l’appréciation de la valeur des actifs immobiliers ou financiers. »

Le mot d’ordre en 2011 : budgéter.

L’endettement des Canadiens inquiète bon nombre d’observateurs, qui prévoient des resserrements inévitables en matière de crédit. La dette en proportion du revenu personnel disponible atteignait, en effet, 148 % à la fin de 2010, illustrant le fait que les Canadiens empruntent de plus en plus pour consommer plutôt que pour consolider leurs actifs. Pour Éric Marcoux, vice-président, administration, actuariat et développement de l’administration publique à La Capitale, la situation est d’autant plus problématique que différentes augmentations (TVQ, cotisations au RRQ, taxes, essence, etc.) appauvriront davantage le consommateur. Le mot d’ordre : budgéter. « Échaudés par la dernière crise et les scandales financiers, explique-t-il, les gens veulent être rassurés, ils recherchent des placements garantis, dont les résultats sont connus à l’avance. » Son collègue et conseiller en formation, Denis Gaudreault, utilise beaucoup le terme équilibre : « C’est le mot magique, en plus de la connaissance de ses capacités financières. » « Nous observons des faillites personnelles même chez des gens jouissant d’un revenu élevé, ajoute M. Marcoux, car les plus fortunés ne sont pas nécessairement les mieux guidés. Chaque personne, peu importe son revenu, a besoin de conseils financiers judicieux. »

Et notre région ?

Les experts consultés s’entendent pour dire que l’agglomération devrait continuer à bien performer sur le plan économique en 2011, après avoir connu son meilleur niveau de création d’emploi depuis 2002 avec un taux de chômage annualisé de 4,9 %, au second rang canadien, tout juste derrière Regina à 4,7 %. Un ralentissement est toutefois anticipé en raison du caractère non récurrent des dépenses publiques engagées ces dernières années.

Enfin, du côté de l’immobilier résidentiel, le territoire de Québec et Lévis a connu 6 652 mises en chantier en 2010, une progression de 21 % par rapport à 2009, du jamais-vu en 23 ans ! La SCHL prévoit à cet égard un léger fléchissement, mais s’attend à ce que ce secteur demeure un marché de vendeurs en 2011. Quant au prix des maisons, il devrait s’accroître de 8 %.

En tout cas, l’optimisme prévaut chez une grande majorité de dirigeants d’entreprise de la région, si l’on en croit les résultats d’un sondage mené en décembre par Léger Marketing à la demande de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec et Québec International. En effet, 93 % des 263 entrepreneurs interrogés se sont dits d’avis que 2011 serait encore meilleure que la précédente…

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