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Patrick Maroteaux : Châtelain à Saint-Julien

6 juillet 2015 - Par Jean Chouzenoux

Le proverbe dit que l’on n’a pas une deuxième chance de faire une première bonne impression. En moins d’une minute, Patrick Maroteaux a conquis le cœur et gagné le respect d’une quarantaine de Québécois venus faire la tournée des vignobles bordelais.

 

L’homme

Nous sommes dans le Haut-Médoc, où le faste des châteaux n’a d’égal que la renommée des vignobles qui les entourent et la qualité de leurs vins. Après une heure de route, nous descendons du car stationné devant le Château Branaire-Ducru, à Saint-Julien. Un peu éreintés, nous remontons l’allée de fin gravier blanc et soudain s’ouvre la porte de la somptueuse demeure ; il en sort un homme élégamment vêtu, d’un pas preste. Le sourire rayonnant, il descend l’allée, vient à notre rencontre et salue chaleureusement chacun d’entre nous.

Le Château, sis sur un domaine de 59 hectares.


Tout au cours de cette journée, Patrick Maroteaux a démontré un sincère empressement, une véritable empathie et une joie non dissimulée à nous balader dans son vignoble, à nous faire découvrir son chai et déguster ses vins. Le moment venu du dîner à l’Orangerie, il a pris un soin jaloux à faire le tour de toutes les tables et à s’adresser à tous. Je me souviens qu’au moment de prendre la parole pour les échanges de politesses qui clôturent ce genre d’agapes, sans doute portés par les délicieux effluves du divin nectar, mais surtout lovés par l’amicale ambiance, Patrick et moi avions su trouver les mots justes, à la fois sensibles et teintés d’humour, pour témoigner de notre reconnaissance mutuelle. Conquis, vous dites ? L’anecdote annonce la couleur : rouge et cœur ! Cet homme ne vit pas son rêve égoïstement : il le communique et il le partage.

Son introduction au monde vinicole, il la doit à son patron de l’époque, qui lui explique longuement les choses de la vigne en s’attardant toujours sur la carte des vins dans les restos qu’il leur arrive de fréquenter. Patrick travaille alors dans le monde de la finance. Plus tard, au sommet de sa carrière, il deviendra président d’un grand Groupe Sucrier de France, propriété de sa belle-famille. Cet économiste et juriste de formation est bien doté du sens des affaires… mais pas que ! Car le vin devient une passion et, en 1988, cela se concrétise par l’acquisition d’un domaine viticole dans le Bordelais. Son dévolu se jette sur le Château Branaire-Ducru, grand cru classé de son état.

Un mûrissement de quelques mois en barriques permettra au vin d’atteindre un meilleur équilibre.


La motivation est d’abord professionnelle. Avec son épouse, Evelyne, ils veulent diversifier le portefeuille de l’entreprise sucrière familiale. « Pendant deux ans, nous avons arpenté le vignoble bordelais à la recherche de la perle rare. Par un concours de circonstances, une grande famille de vignerons de Saint-Julien souhaitait vendre l’une de ses propriétés. Après toutes nos visites dans la région, nous savions parfaitement ce que nous voulions. En deux semaines, l’affaire était conclue. »

Pendant une douzaine d’années, Patrick Maroteaux mène de front ses deux activités, mais finalement, en l’an 2000, il abandonne le sucre pour se consacrer essentiellement au jus de la treille. « Nous avions réalisé de grandes améliorations techniques et accru sensiblement la qualité de nos vins, mais le temps nous manquait pour aller en faire la promotion auprès des consommateurs ». Evelyne et Patrick quittent donc Paris et, fait rare à Bordeaux, s’installent à demeure au Château. Mais, rompu aux doubles fonctions, l’ancien PDG devenu châtelain ajoute une autre corde à son arc et accède à la présidence de l’Union des Grands Crus de Bordeaux. Pendant les huit années de son règne, il parcourra le monde pour deviser sur le vignoble bordelais avec les amateurs et professionnels. C’est sous ses bons auspices qu’au milieu des années 2000, une délégation de 50 producteurs parcourt une partie de l’Amérique du Nord et organise de grandes dégustations, notamment à Québec et à Montréal. Et, en 2007, quand nous retournons à Branaire-Ducru avec un autre groupe d’amateurs, c’est comme membre de l’illustre Commanderie du Bontemps, des Médoc et des Graves que Patrick officie lors de la cérémonie d’intronisation de cinq impétrants québécois. Enfin, avec tant d’efforts à faire rayonner le vin de Bordeaux aux quatre coins du globe, pas étonnant que Patrick Maroteaux ait été anobli du rang d’Académicien du vin de France.

Les vendanges au Château Branaire-Ducru.


À propos du Château Branaire-Ducru

En 1680, Jean-Baptiste Braneyre devient le premier propriétaire du domaine situé sur la commune de Saint-Julien, dans le Haut-Médoc. En 1855, tout comme 60 autres propriétés bordelaises, Branaire-Ducru est élu au Panthéon de la vigne en faisant partie de la nomenclature des Grands Crus Classés de Bordeaux. Cet ordonnancement prestigieux, basé sur la qualité du terroir et des vins qu’on y produit, bénéficie d’une reconnaissance mondiale qui prévaut encore de nos jours.

Le domaine de 59 hectares jouit de conditions géographiques exceptionnelles, sa première étant de faire face au très large estuaire de la Gironde, ce qui confère à la région l’humidité propice au bon mûrissement des raisins. On retrouve l’élégante demeure à l’architecture sobre, aux lignes épurées et raffinées, un terroir ensemencé des cépages cabernet-sauvignon, merlot, cabernet franc et petit-verdot, et le classicisme des vins qu’on y produit complète le tableau.

Le maître d’œuvre, de la culture de la vigne à l’élaboration du vin, est le réputé œnologue Jean-Dominique Videau. Depuis 12 ans, sa mission est de faire en sorte que les raisins récoltés libèrent toute la profondeur et la complexité de ce terroir d’exception. Son mantra : une fois sur la table, une bouteille de Branaire-Ducru ou de sa cadette, Duluc de Branaire-Ducru, doit transmettre l’élégance et la finesse qu’il a imaginées pour ses produits. Et Patrick, de m’annoncer fièrement que la pérennité du domaine est assurée par l’arrivée en piste de son fils, François-Xavier. Longue vie à Branaire-Ducru et, sur ce, cher Patrick, je lève mon verre à ta santé !

 

Le millésime 1982 a marqué l’histoire. On retrouve actuellement le millésime 2010 à la SAQ.

121 $ / 11519377


 

 

 

 

 

 

 

 

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