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Les femmes de ma vie

3 avril 2014 - Par Marie-Josée Turcotte

Qui que nous soyons, hommes ou femmes, nous avons tous besoin, un jour, que quelqu’un, quelque part, nous donne notre première chance. Même si nous avons zéro expérience. Même si nous manquons de confiance en nous-mêmes. Même si nous risquons de commettre des erreurs parce que, justement, nous avons zéro expérience et très peu confiance en nous-mêmes. Ça débute à la petite enfance, quand nous faisons nos premiers pas et que papa ou maman nous lâche la main en nous disant « Vas-y, t’es capable de marcher tout(e) seul(e) », jusqu’au jour où un patron ou une patronne nous annonce « Je vous engage », parce qu’il ou elle a senti, au-delà du curriculum vitae, que nous avons ce beau potentiel brut qui mérite d’être exploité.

Dans mon cas, le hasard (si une telle chose existe !) veut que ce soit souvent des femmes qui m’aient donné cette toute première chance de me faire valoir. De mon premier emploi de vendeuse de jeans jusqu’à la (presque) réalisation de mon rêve le plus fou, en passant par l’octroi d’un poste en recherche universitaire qui était généralement occupé par un étudiant à la maîtrise (et non au baccalauréat), c’est à des femmes que je dois ces expériences qui m’ont permis de forger ma confiance en moi. Si je suis aujourd’hui rédactrice en chef, c’est parce qu’un jour, une éditrice de magazine m’a offert un travail d’assistante en rédaction, alors que je n’avais aucune expérience pratique dans ce milieu, seulement du talent en écriture et une bonne dose d’organisation. Cela remonte déjà à 20 ans, mais je m’en souviens comme si c’était hier et je suis remplie de gratitude pour cette ex-patronne.

J’ai souvent reçu des confidences de femmes qui m’avouaient détester travailler pour des femmes, parce qu’elles les trouvaient trop « control freak ». 

J’ai souvent reçu des confidences de femmes qui m’avouaient détester travailler pour des femmes, parce qu’elles les trouvaient trop « control freak ». Les milieux de travail à prédominance féminine seraient encore pires, selon elles, alors que l’hypocrisie et la jalousie y règnent en « reines et maîtresses ». C’est une réalité à laquelle je n’ai heureusement pas eu à me frotter. J’ai toujours eu la chance de travailler pour des femmes aussi compétentes qu’intègres et sensibles. Certainement pas parfaites, mais qui l’est ?

Peut-être est-ce une question d’attitude personnelle envers les femmes ; je l’ignore. Et peut-être que cette attitude personnelle résulte de la toute première relation que nous avons entretenue avec une femme, soit notre mère ; je l’ignore encore. Dans mon cas, cela a du sens. Je perçois positivement l’apport des femmes dans ma vie, car ma mère fut une grande source d’inspiration. À l’écoute et sans jugement, elle savait me guider sans imposer ses idées. Elle m’a lâché la main pour mieux me laisser trouver le bon chemin, celui qui serait le mien. C’est ce que je souhaite maintenant être en mesure de faire avec ma fille, tout comme j’espère un jour devenir celle qui aura donné cette toute première chance à d’autres…

À toutes les femmes de ma vie, qui ont cru en moi et m’ont permis de devenir celle que je suis aujourd’hui, je vous dis merci.

 

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