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Les Allemands à Québec

5 avril 2012 - Par Johanne Martin

En nous et parmi nous

Daigle, Gervais, Quintal, Dallaire, Besré… De 10 à 15 % des Québécois comptent, dans leur arbre généalogique, des ancêtres d’origine allemande. Si la plupart ignorent l’existence de ces racines qui remontent à la guerre d’indépendance des États-Unis, la population en général n’en sait généralement pas davantage à propos de ceux qui, plus récemment, ont choisi de quitter leur pays pour s’établir chez nous.

Au XVIIIe siècle, ils ont foulé le sol québécois afin de repousser la menace américaine aux côtés des Anglais. Après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs optent pour le Québec afin de refaire leur vie. Par la suite, à la faveur de rencontres avec des militaires à proximité de l’une ou l’autre des bases des Forces canadiennes en Allemagne, voilà qu’une immigration plutôt féminine se dessine…

« Aujourd’hui, le scénario classique à Québec, c’est celui d’une immigration moins forte, mais constante et spécialisée, dépeint d’entrée de jeu la directrice de l’organisme Communauté Allemande Québec (CAQ), Olivia Lexhaller. Ce qu’on observe surtout, ce sont de jeunes familles qui s’établissent ici, des gens scolarisés qui travaillent très souvent dans le secteur des hautes technologies. »

La Festibière de Québec
La Festibière de Québec

En 1996, ils étaient près de 13 000 dans la grande région de la Capitale-Nationale à déclarer être nés en Allemagne. Puis, 15 ans plus tard, on ne dénombre plus que 1 500 à 2 500 immigrants allemands de première génération. « De nos jours, il y a un mouvement de va-et-vient important et une dissémination des personnes sur le territoire. Les Allemands sont assez effacés à Québec ; il faut les chercher ! », ajoute Inge Kretschmer, une immigrante de longue date très engagée dans la communauté.

« Pour les Allemands, le Canada est attirant. Évidemment, dans les autres provinces canadiennes, il y en a plus qu’au Québec. Dans la capitale, les gens viennent pour des raisons plus personnelles, pour les grands espaces, parce que la vie est moins stressante et plus sécuritaire », indique à son tour l’une des administratrices de la CAQ, Ameli Optenberg.

UNE CULTURE BIEN VIVANTE

Même si leur poids démographique s’est affaibli, les Québécois de souche allemande ont su laisser des traces de leur passage au fil du temps. Des groupes culturels, une école de langue et deux activités majeures témoignent non seulement de leur présence, vivante et dynamique, chez nous, mais également de la relation privilégiée qu’ils entretiennent avec la communauté de Québec.

Présidé par Inge Kretschmer, le Cercle Goethe est actif dans la capitale depuis 1946. Fondé par un Québécois qui fut prisonnier de guerre en Allemagne, il réunit chaque mois des Allemands, Alsaciens, Suisses, immigrants des pays de l’Est et Québécois qui souhaitent entendre, en langue allemande, des présentations littéraires ou musicales, des récits de voyage et des conférences, pour ne nommer que ces activités.

Tous les samedis matin, avenue du Chanoine-Morel, quelque 70 personnes convergent, en outre, vers le Centre Brulart. Des gens de tous âges qui s’y rendent pour suivre des cours d’allemand offerts par la Deutsche Sprachschule Quebec, ou l’École allemande de Québec. Aujourd’hui dirigé par Olivia Lexhaller, l’établissement propose, à l’hiver et à l’automne, cinq niveaux de formation. « Jusqu’en 2009, nous avions des groupes complets d’enfants, mais maintenant, la demande n’est plus suffisamment forte. L’école est en exploitation depuis 60 ans déjà et a évidemment été lancée par des Allemands », précise Mme Lexhaller, qui mentionne que l’école est bien entendu fréquentée par des membres de la communauté allemande, mais aussi par des gens d’autres origines.

Chaque année depuis quatre ans, au début de décembre, on doit par ailleurs à quelques Allemands de souche l’organisation du Marché de Noël allemand, une activité haute en couleur qui se déroule à proximité de l’hôtel de ville de Québec. « L’idée, c’était de recréer une tradition. En Allemagne, chaque village a son marché, un lieu où on se promène et où on achète des cadeaux de Noël. Ici, nous trouvions que ça manquait », commente Ameli Optenberg, qui participe activement à la tenue de l’activité. Vin chaud épicé, gâteaux et pièces d’artisanat sont offerts au grand public, un public qui y retrouve – mais non exclusivement – des produits préparés ou fabriqués par des membres de la communauté. « Ce qui importe d’abord et avant tout, c’est de reproduire l’ambiance de chez nous et d’offrir des produits de qualité », reprend Mme Optenberg.

Enfin, pour la première fois l’an dernier, un chapiteau de style bavarois était installé sur le site du Festibière de Québec. Bières allemandes, mets typiques et musiciens de la Bavière – une province allemande « amie du Québec » – ont ravi les visiteurs. « Nous portions même nos robes traditionnelles ! », rapporte Mme Kretschmer, qui insiste sur l’intérêt mutuel que se portent les immigrants et la communauté d’accueil dans la capitale.

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