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Le fabuleux destin de Marie-Philip Poulin

15 septembre 2015 - Par Frédérick Masson

Il n’est pas donné à toutes les athlètes de faire exploser de joie un pays tout entier. De provoquer une amnésie générale de tracas de la vie quotidienne et de querelles constitutionnelles, pour redonner à un peuple, quelles que soient ses origines, ses croyances et ses allégeances, la fierté de brandir à bout de bras l’unifolié. Pourtant, c’est ce à quoi est parvenue la hockeyeuse Marie-Philip Poulin. Pas une, mais deux fois. Un exploit digne de mention pour celle qui est passée de Beaucevilloise passionnée à Capitaine Canada.

Le destin de « Pou », surnom qui lui a été attribué par ses coéquipières, n’a rien de banal. Jeune fille amoureuse de son sport, elle a su gravir un à un les échelons d’une « religion » nationale à prédominance masculine. De sa Beauce natale jusqu’à l’équipe canadienne, en passant par l’Université de Boston de laquelle elle est rentrée avec son diplôme en psychologie dans une main et son équipement de hockey dans l’autre, l’athlète, aujourd’hui âgée de 24 ans, n’a jamais cessé de croire en son rêve : celui de pratiquer une discipline qu’elle adore, non sans devoir y consacrer tous les efforts.

Qualifiée de Sidney Crosby du hockey féminin après avoir inscrit les deux seuls buts de la finale féminine de hockey des Jeux olympiques de Vancouver de 2010, assurant ainsi l’or aux représentantes du pays de la feuille d’érable, Marie-Philip Poulin en ajoutait, quatre années plus tard, à Sotchi. À peine remise d’une blessure à la cheville qui l’avait contrainte à s’éloigner de la glace pendant près de deux mois, la désormais célèbre numéro 29 égalait la marque avec 55 secondes à faire au match ultime. Puis, en période de prolongation, alors que les Américaines, rivales de toujours, luttaient pour leur survie en désavantage numérique, elle déjouait, d’un tir du poignet, la gardienne Jessie Vetter et procurait par la même occasion un quatrième titre olympique d’affilée à son pays.

« Sotchi représente, sur le plan personnel, un de mes plus grands accomplissements. L’année avait été très difficile moralement en raison des blessures qui semblaient s’acharner sur moi, et je ne cache pas qu’il m’est arrivé d’avoir des périodes de remises en question. Mon esprit de battante — on peut sortir une Beauceronne de la Beauce, mais pas la Beauce d’une Beauceronne — a toutefois eu le dessus. La suite de l’histoire, on la connaît », explique-t-elle bien humblement.

Ses succès, Marie-Philip Poulin les partage avec tous les gens de son entourage. Sa famille, ses coéquipières, particulièrement ses inspirations, Caroline Ouellette et Charline Labonté, et toutes les personnes qu’elle a eu le bonheur de côtoyer. D’ailleurs, n’allez pas qualifier la principale intéressée de « super vedette ». Elle aura tôt fait de vous rappeler que le hockey est un sport d’équipe et qu’une joueuse à elle seule n’est contrainte à rien d’autre qu’à l’échec.

« Je rêve du jour ou des hockeyeuses réussiront à vivre de leur sport. »

Néanmoins, « Pou » n’est pas sans témoigner de la reconnaissance dont elle jouit, particulièrement depuis Sotchi. Celle qui défendra dans quelques semaines à peine les couleurs des Stars de Montréal dans la Ligue canadienne de hockey féminin, en plus de son rôle avec l’équipe nationale, profite de chaque occasion qu’elle a pour promouvoir son sport et tenter de lui donner toute la noblesse à laquelle il a droit. Même si cela demande beaucoup de temps et d’énergie.

« Je rêve du jour ou des hockeyeuses réussiront à vivre de leur sport. Contrairement aux professionnels masculins, aucune d’entre nous n’est payée. Il faut constamment chercher des commanditaires afin d’assurer les frais relatifs aux déplacements, à l’hébergement, aux repas, etc. », explique-t-elle.

Avec une carrière ayant démarré sur les chapeaux de roues et deux médailles d’or olympiques qui trônent en reines au sein d’une collection d’honneurs individuels et collectifs fort impressionnante, que reste-t-il à souhaiter à Marie-Philip Poulin ?

« Un duel Canada - États-Unis au Centre Vidéotron ! Bien qu’étant originaire de la région, j’ai peu de chance d’évoluer dans mon patelin. Ce serait vraiment extraordinaire. » Voilà, le message est passé !

Bien que fort occupée, Marie-Philip Poulin ne néglige pas de donner au suivant. Elle sera d’ailleurs à la Montée des sommets Banque Laurentienne, le samedi 26 septembre au Mont-Sainte-Anne, à titre de présidente d’honneur d‘une activité qui vise à amasser des fonds pour venir en aide à la Fondation du Centre jeunesse de Québec, organisme soutenant les enfants en difficulté. Elle invite d’ailleurs tous ceux et celles intéressés par la marche et la nature à s’inscrire dès maintenant. « Que ce soit seul, en équipe ou en famille, c’est plaisir garanti », d’assurer l’athlète.
Pour vous inscrire : lamonteedessommetsbl.com

 

 

 

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