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Le Canada dans le monde

5 mai 2011 - Par Nelson Michaud, Ph.D.

La campagne électorale qui vient de s’achever a été particulièrement discrète en ce qui a trait aux questions relatives à la politique étrangère canadienne. Il y a certes eu les récriminations des uns à propos des dépenses militaires des autres, mais nous n’avons pas assisté à un véritable échange d’idées quant à l’avenir du Canada comme acteur international.

Et pourtant…

Ce ne sont pas les défis qui manquent. Le cinglant échec lors de la tentative d’obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU aurait dû être un catalyseur pour amener les Canadiens à demander aux chefs politiques quel serait le rôle canadien dans la définition des grands enjeux poussés sur le pas de notre porte par les vents de la mondialisation. Car il n’est pas un secteur qui ne soit touché par des normes internationales. De l’agriculture à la santé, en passant par l’harmonisation des curriculums universitaires, les politiques publiques de tous les États, souverains comme fédérés, sont interpellées par ces nouvelles attentes. Le Canada semble préférer les subir plutôt que de les influencer, laissant ainsi les autres décider des intérêts qui seront soit défendus, soit mis de l’avant.

Le rôle du premier ministre

Qui doit porter ce dossier ? La Constitution canadienne est muette en ce qui a trait aux responsabilités associées à la politique étrangère. La pratique nous indique toutefois une très forte tradition d’engagement des premiers ministres canadiens en termes d’orientations à donner, voire d’actions à entreprendre. Plusieurs campagnes électorales (1911, 1917, 1940, 1963, 1988, 1993) ont vu les questions internationales occuper une place de choix. Il est donc d’autant plus étonnant de constater que les chefs politiques ont préféré, au cours de la campagne 2011, parler de soins de santé, d’aidants naturels ou d’éducation (tous des domaines de responsabilité provinciale) plutôt que de politique étrangère, une responsabilité davantage fédérale.

L’impact

En 1993, la première ministre Campbell avait avancé que les campagnes électorales n’étaient pas suffisamment longues pour discuter des questions sérieuses. Faut-il y voir l’explication de l’oubli de considérer à leur juste valeur les défis internationaux auxquels devra faire face le Canada au cours des prochaines années ? Chose certaine, le gouvernement nouvellement élu ne pourra se défiler longtemps de cette responsabilité et il sera intéressant de scruter, dans le prochain discours du Trône, quelles seront les priorités qu’il aura établies.

Pour en savoir plus :

  • Politique internationale et défense au Canada et au Québec, Kim Richard Nossal, Stéphane Roussel et Stéphane Paquin, Presses de l’Université de Montréal, 2007.
  • Handbook of Canadian Foreign Policy, Nelson Michaud, Patrick James et Marc J. O’Reilly, Lexington Books, 2006.
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