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La tendresse

8 septembre 2014 - Par Pierre Paul-Hus

Soyez sans crainte, malgré le titre de cet éditorial, je ne tomberai pas dans la mièvrerie ce mois-ci. J’ai seulement envie de partager avec vous mes réflexions après avoir regardé le documentaire Nation, huis clos avec Lucien Bouchard, qui a été diffusé voilà quelques semaines sur les ondes de Télé-Québec, émission que j’ai écoutée avec beaucoup d’intérêt. Menée de main de maître par le réalisateur Carl Leblanc, cette entrevue a permis de mieux connaître l’homme derrière ce personnage qui a influencé l’histoire du Québec.

Si je connaissais assez bien le parcours du politicien, certaines choses m’ont néanmoins surpris à son sujet, la première étant qu’il n’avait jamais souhaité entrer dans l’arène politique. Qui l’eût cru, avec une feuille de route aussi exceptionnelle ! Mais ce qui a surtout frappé mon imaginaire lors de cet entretien, et qui m’a interpellé, c’est lorsqu’il s’est aventuré à parler de sa vie personnelle, en particulier de son enfance auprès d’un père qu’il a, de toute évidence, profondément aimé et admiré. Sans effectuer de lien direct entre la relation qu’il a eue avec lui et celle qu’il entretient aujourd’hui avec ses deux fils, on comprend à quel point le rôle du père est important à ses yeux et combien l’opinion de ses garçons à son sujet compte. L’un d’entre eux l’a d’ailleurs un jour qualifié de « loser », parce qu’il a échoué à faire la souveraineté du Québec, ce à quoi il a répondu qu’il avait raison, mais qu’au moins, il avait essayé.

« Le respect doit primer, quelles que soient nos allégeances politiques. Le respect… et la tendresse. »

Le segment le plus touchant de cette émission, hormis la lecture du discours de victoire qui n’a jamais eu la chance d’être prononcé le soir du 30 octobre 1995, et qui, de toute évidence, a exigé une bonne dose d’humilité de la part de l’ex-politicien, a certainement été l’évocation de ses souhaits pour ses fils : qu’ils soient lucides, responsables, et qu’ils fassent preuve de tendresse. « Oui, de tendresse, a-t-il répété au réalisateur. La vie est dure, il faut compenser avec de la tendresse. Pas de la complaisance, de la tendresse. »

L’émission se termine sur une note informative vraiment intéressante, voire ahurissante. Saviez-vous que, depuis 1914, sur les 150 référendums portant sur la souveraineté nationale qui ont été tenus à travers le monde, seulement trois ont échoué « en raison du rejet des votants »… dont deux au Québec ? Quelle conclusion devons-nous en tirer ? Que les Québécois sont peureux ou bien, tout simplement, lucides ? Peu importe notre opinion à ce sujet, ce que j’en retiens, c’est que le respect doit primer, quelles que soient nos allégeances politiques. Le respect… et la tendresse. Oui, oui, la tendresse !

 

 

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