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La télé française et la télé québécoise... deux univers !

4 octobre 2019 - Par Jean Chouzenoux, correspondant européen

Depuis près de dix que je vis en France, j’ai vécu de grands moments télévisuels et…de grandes déceptions. Permettez que j’ose quelques petites comparaisons.

Affaires publiques et politique

À ce niveau, l’avantage est du côté de la Vieille France. Les Français maîtrisent l’art de débattre. D’abord parce que c’est dans leur ADN, mais aussi, avouons-le, parce que la qualité du langage et du vocabulaire y est de beaucoup supérieure. Ils ont généralement des idées bien campées et utilisent un langage clair et précis pour les communiquer.

Certaines émissions d’affaires publiques que l’on peut voir au Québec, sur TV5 Monde, comme On n’est pas couché ou le jadis Tout le monde en parle sont pas mal plus musclées que la version bien lisse du Tout le monde en parle québécois. De plus, en France, il y a plusieurs émissions du genre, alors qu’au Québec, cela a tendance à disparaître.

La politique est le sport national des Français. Pour les nombreuses émissions consacrées à ce sujet, il est courant d’y voir participer des personnalités politiques de premier plan. Trouvez-moi une émission (de télé) au Québec qui reçoit régulièrement en studio, en face à face avec leur protagoniste, des ministres, voire le Premier ministre ?

Ici, c’est tous les jours, sur les chaînes d’infos lors des matinales ou hebdomadairement à la télé publique ou privée, aux bulletins de nouvelles ou lors de grands débats politiques. Et attention, pas trop de complaisance de la part des animateurs qui sont souvent des journalistes chevronnés.

Pour tout vous dire, j’ai déjà vu le président Macron au moins dix fois à la télé en deux ans… pas pour des clips de 10 secondes aux nouvelles, mais pour des débats, des entrevues de fond ou des prises de parole officielle lors de la Fête nationale, les vœux de nouvelle année ou, plus tristement, lors d’attentats. Le revers de la médaille… à la limite, il y a trop de politique à la télé en France !

Le sport

Alors là, net avantage pour le Québec. Surtout pour la qualité, la compétence et le professionnalisme des commentateurs sportifs au Québec. Je n’ai pas peur d’avouer que les descripteurs de sport, car c’est bien de cela qu’il s’agit… ils ne font que décrire ce que l’ont voit, sont pour la plupart NULS et me donnent de l’urticaire !

Tiens, en ce moment, je regarde le tennis et ça doit faire trois minutes que les deux descripteurs n’ont pas dit un mot. Pire, on les entend respirer et renifler dans leur micro. Et quand ils reprennent la parole, c’est pour parler de leur déjeuner ! Que ce soit pour n’importe quel sport ou pour les Olympiques, on sent bien qu’ils ne se préparent à rien, sauf à décrire ce que l’amateur fait dans son salon. Aucune statistique à communiquer pour meubler les temps morts, aucun commentaire sur la stratégie développée par les joueurs… à des années lumières des super pro que sont Hélène Pelletier et Yvan Ponton. Même pour leur sport national qui est le foot, ils nous endorment.

Au Québec, les commentateurs de baseball, qui est pourtant un sport lent, nous abreuvent d’informations pertinentes qui rendent leur écoute captivante. Et que dire des termes anglais utilisés à la télé sportive française…Oh my god !!! Surtout pour les nouvelles compétitions de glisse, lors des Olympiques d’hiver : « Allons-y avec la First ride en short track ». J’ai d’ailleurs déjà écrit à la Direction de France Télévision pour m’en plaindre. Le message a été passé aux commentateurs, car dès le lendemain le descripteur de ski acrobatique a continué à décrire en utilisant une panoplie de termes anglais tout en prenant soin de spécifier, et je paraphrase, « Je vais continuer à décrire avec les termes anglais… y’en a marre de ces Québécois qui veulent qu’on francise tout ». Rien que ça !

Les séries

Autre avantage au Québec pour la variété des sujets abordés et la qualité des comédiens. À Radio-Canada ou à TVA, plusieurs sujets de société sont abordés alors qu’en France, la majorité des séries sont des fictions policières. Les scénarios sont parfois échevelés et la trame, souvent la même : une femme inspectrice, un homme comme adjoint et il y a un conflit récurrent entre la Police Nationale et la Police locale. Par ailleurs, le plus grand écart réside dans le talent des acteurs québécois. Ils incarnent totalement leur personnage et communiquent à merveille toute la gamme des émotions. Plus difficile d’y croire dans le vieux pays, mais honnêtement, je sens une amélioration dans les télés séries réalisées depuis deux ans.

Publicité et anglicismes

Depuis quelques mois, grâce à la télé satellite, j’ai renoué avec la télé québécoise au quotidien et ce qui me frappe le plus, c’est le nombre effarant de messages publicitaires. Que c’est pénible de voir tous les films ou les émissions hachurés ainsi. J’avais oublié cette mauvaise manie.

Ici, surtout à la télé d’État, les plages publicitaires se déroulent avant les émissions et, surtout, jamais pendant la diffusion d’un film. En revanche, quelle désolation, quelle irritation (surtout pour nous, Québécois) d’entendre autant de mots, de termes, de titres d’émissions ou de publicité en ANGLAIS ! Oui, des messages publicitaires en anglais, sous-titrés en français.

En France, pays de Molière, d’Hugo ou de Racine, La Voix devient The Voice. Depuis la rentrée de septembre, un animateur vedette anime une nouvelle émission d’information ; cela s’appelle : Tonight Bruce Info. Les postes où l’on peut voir des émissions en reprise s’appellent My Télé ou Replay. Les chaînes d’info diffusent en Non Stop. La matinale de Canal + qui s’intitulait Wake Up. Dans un match de tennis, vous entendrez : « Sur le center court, il a passé un Ace lors d’une balle de Dé-Brake ». Dans sa publicité au Québec, Air France, la célèbre compagnie d’aviation de l’Exagone, nous dit La France est dans les airs ! alors que chez elle, elle nous dit France is in the air  ! Je pourrais vous en citer pendant des pages.

Bon allez, ne boudons pas notre plaisir !

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