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La journée de la grande indignation

30 novembre 2014 - Par Pierre Paul-Hus

Après la journée du « grand dérangement », laquelle a eu lieu voilà quelques jours en réaction au projet de loi no 3, il serait temps de créer la journée de la « grande indignation ».

Étant d’un naturel « indigné » (certains préfèrent le mot « chialeux »), je me porte volontaire pour représenter tous ceux et celles qui croient que l’avenir du Québec passe d’abord et avant tout par la santé financière.

En cette fin d’année 2014, alors que nous en sommes à l’étape des bilans, n’est-il pas temps de se questionner sur la viabilité de notre modèle économique ? Notre province est endettée par-dessus la tête, les gens vivent de plus en plus sur le crédit, et pourtant… une certaine classe de la société continue de revendiquer ses « droits acquis », osant même exiger plus, faisant fi des règles mathématiques les plus élémentaires qui se trouvent à la page deux du manuel sur la saine gestion des finances publiques. Et pour se faire entendre, elle a le culot de mettre des bâtons dans les roues de cette autre classe de la société qui, elle, n’a jamais eu droit à quelque forme que ce soit de sécurité financière ; cette classe, devons-nous le préciser, qui renfloue les coffres de l’État afin de continuer de répondre aux exigences des uns.

Bien sûr que nous souhaiterions tous vivre dans un monde où les conditions de travail et les revenus restent immuables ! Qui aime perdre ses acquis ? Personne. Mais entre le rêve et la réalité, il y a un pas que les « grands dérangeurs » ne veulent pas franchir.

Faisant partie de la classe des entrepreneurs depuis maintenant vingt ans, je peux vous assurer que les mots « droits acquis » ne font pas partie de mon vocabulaire. Autrement dit, je sais très bien qu’aucun lecteur du magazine PRESTIGE n’est acquis, encore moins un client. Demandez à n’importe quel entrepreneur, chacun vous dira que chaque jour, il doit se retrousser les manches pour avoir la moindre chance de conserver ce qu’il a gagné à la sueur de son front. Et rien n’est jamais garanti pour le lendemain. Il faut recommencer, jour après jour, en négociant serré, en cherchant les meilleurs moyens de rester concurrentiel, en coupant là où il le faut, même si ça fait mal, tout cela, en gardant le cap sur l’innovation et l’originalité. C’est ça, la réalité, n’en déplaise aux adeptes du statu quo.

Pour l’année 2015, je souhaite donc que notre gouvernement aille au bout de ce grand ménage et qu’il réaligne la colonne des dépenses avec celle des revenus. Je souhaite surtout qu’il y ait un grand débat de société sur notre système qui a permis aux syndicats d’aller se réfugier dans une tour d’ivoire et de brandir des pancartes au moindre soubresaut d’une réalité qui se manifeste. Je souhaite, enfin, que cette grande indignation ressentie par de plus en plus de personnes soit porteuse d’un vent de changement de mentalité. Notre Québec a en plus que jamais besoin !

 

 

 

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