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La communauté latino-américaine

28 février 2012 - Par Johanne Martin

Los Québécos… du Sud

Fruits du métissage et de cultures variées, les Latino-Américains sont de ceux qui, dans la capitale, ont le mieux su relever le défi de l’insertion. S’ils forment une communauté bien organisée, une communauté qui s’exprime abondamment et de multiples façons, ils sont aussi parvenus à tisser des liens très serrés avec les Québécois, dont ils disent d’ailleurs se sentir proches à plusieurs égards.

Lentement d’abord, mais sûrement à partir des années 70, les immigrants latino-américains ont fait leur apparition dans la grande région de Québec. En incluant les enfants, ils sont aujourd’hui plus de 5 000 à enrichir le tissu social sur une terre d’adoption où ils ont magnifiquement refait leurs racines.

Victor H. Ramos, Enith-Dolorès Ceballos-Diaz et José Russo sont membres du conseil d’administration de la Confédération des associations latino-américaines de Québec (CASA), tout comme Raymond Tremblay (à droite), un Québécois très engagé dans la communauté et qui offre son aide à l’organisation, notamment pour les questions d’ordre légal.
Victor H. Ramos, Enith-Dolorès Ceballos-Diaz et José Russo sont membres du conseil d’administration de la Confédération des associations latino-américaines de Québec (CASA), tout comme Raymond Tremblay (à droite), un Québécois très engagé dans la communauté et qui offre son aide à l’organisation, notamment pour les questions d’ordre légal.

Du Chili, de l’Amérique centrale, du Mexique, d’Haïti, du Pérou, du Brésil, de Cuba ou de la Colombie – lieu de provenance de la cohorte la plus nombreuse dans la capitale –, ils composent, chez nous comme ailleurs, une mosaïque de gens à l’apparence et aux origines très diversifiées, qui partagent une culture qui les associe davantage à l’Europe qu’à l’Amérique du Nord.

« Bon nombre de Latino-Américains qui choisissent de vivre ici le font pour la culture latino-française et la langue, rapporte Victor H. Ramos, anthropologue, homme d’affaires et membre très engagé de la communauté à Québec. On sent les Québécois solidaires à beaucoup de nos luttes ; il y a au Québec beaucoup de questions sur l’identité et nous aimons les peuples qui se tiennent debout. »

Aux motivations idéologiques des immigrants latino-américains viennent également se greffer une religion, des lois, des racines et une matrice culturelle qui contribuent à les rapprocher des Québécois. « Il peut être intéressant de savoir que pour chaque nom de village au Québec, il existe en Amérique latine un nom de localité qui lui correspond, mais en espagnol ! » illustre M. Ramos.

CASA… et cætera

Dans la capitale, la Confédération des associations latino-américaines de Québec, qu’on appelle aussi la CASA, s’est précisément donné pour mandat de créer des ponts entre la culture québécoise et celle des nouveaux arrivants. Différents services destinés aux immigrants y sont évidemment offerts, mais elle propose au surplus un calendrier d’activités comprenant des spectacles et des conférences à saveur latino-américaine.

« L’une des belles réussites de la CASA, en collaboration avec l’Institut canadien de Québec et la bibliothèque Gabrielle-Roy, est certainement la mise sur pied, il y a neuf ans, d’une première bibliothèque latino-américaine au Québec, la bibliothèque Gabriel-García-Márquez, située à l’intérieur même des murs de la bibliothèque Gabrielle-Roy », souligne au passage le président de la Confédération, José Russo.

Plus récemment, un cercle littéraire du nom de Gabriel-García-Márquez a également vu le jour, cercle qui est devenu, au fil du temps, un véritable lieu d’échanges et de dialogue entre la littérature québécoise et celles, multiples, de l’Amérique latine. Bien qu’il soit surtout fréquenté par la clientèle immigrante, les Québécois sont aussi nombreux à s’y présenter.

« On retrouve à Québec une abondance de lieux de culture et de loisirs coordonnés ou animés par des Latino-Américains, enchaîne Enith-Dolorès Ceballos-Diaz, membre du conseil d’administration de la CASA. Il suffit de penser aux écoles de danse telles que Capoeira, Salsa sans frontières ou l’École de danse Graciela Echagüe. À cela s’ajoute le Tam-Tam Café, où se déroule tous les derniers vendredis de chaque mois le Rincón Latino, un événement consacré à la musique et à la poésie hispanophones fondé et animé par Carlos Manzi. »

L’omniprésence des marques de la culture latino-américaine dans la capitale rappelle par ailleurs la représentation relativement forte de ce groupe d’immigrants dans une variété d’emplois liés aux arts et à l’enseignement, confirmant du même coup l’atteinte d’un niveau de scolarité élevé chez une bonne partie d’entre eux.

Enfin, pas de ghettos latino-américains à Québec, mais plutôt de bonnes adresses où les membres de la communauté convergent pour retrouver les saveurs de leur pays d’origine. Au nombre des lieux les plus populaires figurent l’épicerie La Fiesta, le marché d’alimentation Las Americas, le traiteur Aliments Déli-Soleil de même qu’une multitude de restaurants comme La Salsa, Señor Sombrero ou Destinos…

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