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La communauté italienne

7 juin 2012 - Par Johanne Martin

Attachée à son pays natal comme à la capitale

Ils sont arrivés dans la capitale par vagues successives, et bien qu’ils soient pour la plupart parfaitement intégrés, les membres de la communauté italienne de Québec déclarent sans ambages que l’Italie demeure toujours très présente en eux. Comme ils sont appréciés des Québécois, leur influence se fait sentir un peu partout sur le territoire et dans le quotidien de bon nombre d’entre nous.

En 2005, on célébrait le 40e anniversaire de l’Association Italo-Québec. Le président de l’organisme situé rue de la Jonquière, Giuliano Manera, insiste : le mot « Québec » prend tout son sens dans le nom donné au regroupement, puisqu’il s’agit d’une association ouverte, qui favorise la création de liens entre les quelque 4 000 Italiens qui se sont établis ici et leur nouvelle terre d’accueil.

Les Italiens profitent de toutes les occasions pour se rencontrer et apprécient les traditions québécoises telles que la cabane à sucre, l’épluchette de blé d’Inde, sans oublier le festival du homard.
Les Italiens profitent de toutes les occasions pour se rencontrer et apprécient les traditions québécoises telles que la cabane à sucre, l’épluchette de blé d’Inde, sans oublier le festival du homard.

« Vous avez du latin, nous autres aussi ; les Québécois ont des racines catholiques très fortes, c’est la même chose pour nous. Quelque part, nous partageons plusieurs traditions », lance M. Manera, qui cumule à lui seul une quinzaine d’années de présence à la tête de l’Association et qui révèle, au passage, que dans la capitale, huit Italiens sur dix sont mariés à des Québécoises.

À Québec, comme dans une multitude de grandes villes en Amérique du Nord, l’existence d’un contexte économique particulier explique bien souvent l’arrivée massive des Italiens, une immigration composée majoritairement d’hommes. On peut d’ailleurs associer la vague la plus importante – celle qui s’est étalée de la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’aux années 60 – à la recherche d’immigrants qui possédaient des compétences spécifiques.

Fête de la République italienne, le 2 juillet, en compagnie du consul de l’association, Ricardo Rossini.
Fête de la République italienne, le 2 juillet, en compagnie du consul de l’association, Ricardo Rossini.

« À ce moment, le Canada s’est ouvert à l’immigration italienne, parce que le pays souhaitait s’enrichir de spécialistes dans certains métiers, d’artisans très perfectionnés comme ceux qui travaillent la céramique, pour ne nommer que cette technique, raconte l’un des membres de la communauté, Vincenzo Amabile. Grâce à une entente avec le Canada, des avions partaient régulièrement du nord-est de l’Italie, du Frioul, avec à leur bord plusieurs de ces personnes qui sont notamment débarquées à Québec. »

Les planchers et les voûtes de la crypte de la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, par exemple, sont en bonne partie l’œuvre d’un Italien issu de cette vague, le mosaïste de renom Walter Del Mistro. À cet égard, dans les églises de Québec et de la région de Portneuf, les traces laissées par le savoir-faire de grands artisans originaires de la botte, toutes disciplines confondues, sont omniprésentes.

Festivités à Québec entourant la victoire de l’Italie contre la France lors de la Coupe du monde de soccer en 2006.
Festivités à Québec entourant la victoire de l’Italie contre la France lors de la Coupe du monde de soccer en 2006.

Plus tard, au milieu des années 60, ce sera au tour de la cohorte des immigrants fondateurs de restaurants bien connus de s’installer dans la capitale. L’arrivée considérable d’Italiens chez nous sera alors attribuable à leur embauche sur les nombreux navires qui traversaient à l’époque l’Atlantique.

« Aujourd’hui, on assiste à une immigration plus occasionnelle – et malheureusement trop faible – d’entrepreneurs et de professionnels de toutes sortes. Il y a beaucoup d’émigrants italiens potentiels, mais le cheminement est long et compliqué, et la plupart lâchent prise. Ceux qui veulent s’établir ici devraient pouvoir le faire avec moins d’entraves et il faudrait bonifier le programme qui s’adresse aux 18 à 33 ans », formule M. Amabile.

Italo Capolla, un restaurateur à la retraite, aussi membre de l’Association Italo-Québec, acquiesce aux propos de son compatriote en tant que représentant, pour la province, du site Internet italiansonline.net, un média d’échange dans lequel s’expriment, entre autres, des Italiens désireux d’émigrer au Québec.

« Les Italiens connaissent de plus en plus le Québec et dans la capitale, comme un peu partout dans la province, on connaît également de plus en plus l’Italie », affirme Guiliano Manera, qui en veut pour preuve la popularité grandissante dans les commerces du panettone, des fromages et du café italiens, des machines expressos et d’une foule d’autres produits.

Si bon nombre d’Italiens de la région sont toujours propriétaires d’une résidence outremer, ils sont aussi très attachés, comme à leur pays, aux fêtes de Noël et de Pâques. À chacune de ces occasions, depuis 40 ans, une messe est d’ailleurs célébrée en italien à l’église Notre-Dame-du-Sacré-Cœur.

« Sans compter que tous les mardis, vendredis et dimanches, les locaux de l’Association sont ouverts au public pour des activités sociales. Le dimanche, on peut même y déguster de succulents desserts… », termine son président.

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