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La communauté asiatique

8 novembre 2011 - Par Johanne Martin

Chinois, Indochinois, mais avant tout Québécois

Dans la capitale comme ailleurs, Chinois et Indochinois forment deux communautés distinctes. Issues de cultures très différentes, elles partagent toutefois le même point de vue quant à l’émigration : si la terre d’accueil offre, à leurs yeux, un meilleur avenir que le pays qui les a vus naître, il importe de tout mettre en œuvre pour parvenir à s’y intégrer. À Rome, on fait comme les Romains, dit une maxime bien connue…

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Comme plusieurs de ses compatriotes touchés par la guerre, Bun Tean Khuong est arrivé à Québec dans les années 80. Cambodgien d’origine, il a tout fait pour devenir un citoyen d’ici et pour éviter à ses enfants de vivre en marge de la société. Pour lui, lorsqu’on fait le choix de s’installer ailleurs, il faut accepter les us et coutumes du peuple qui nous accueille. « Dans mon cas, il allait de soi que mes enfants se fassent baptiser, adoptent la religion catholique et qu’ils fréquentent les mêmes écoles que les jeunes Québécois, lance en souriant l’actuel propriétaire du restaurant l’Apsara. Nous considérions favorablement la culture québécoise et la religion qui se pratiquait ici ; nous étions donc très ouverts. »

C’est à la faveur d’un programme fédéral et parce que le français représentait, à l’époque, la deuxième langue parlée en Indochine – une région qui regroupe, en Asie, le Cambodge, le Vietnam et le Laos –, que plusieurs immigrants se sont établis à Québec. Aujourd’hui, en raison de règles d’immigration plus contraignantes, les Indochinois de première génération sont beaucoup moins nombreux à y débarquer.

Kenneth Ing (à gauche sur la photo) confirme que les Chinois sont de moins en moins victimes de préjugés. Il est ici photographié en compagnie de son épouse, Shuxian Tan, et de leur fils Michael, qui s’exprime aussi bien en français qu’en cantonais.
Kenneth Ing (à gauche sur la photo) confirme que les Chinois sont de moins en moins victimes de préjugés. Il est ici photographié en compagnie de son épouse, Shuxian Tan, et de leur fils Michael, qui s’exprime aussi bien en français qu’en cantonais.

Il y a quelques décennies, la quête d’un avenir meilleur a aussi favorisé la venue de bon nombre de Chinois en sol québécois. Au début des années 80, on notait même la présence d’un petit quartier chinois dans le Vieux-Québec. Cantonnais au départ, les immigrants en provenance de la Chine sont maintenant majoritairement des Mandarins et se font également plus rares. « Les gens qui arrivent ici sont plus instruits, connaissent généralement le français et en sont souvent à leur deuxième ou troisième immigration », rapporte Kenneth Ing, un Cantonnais qui vit au Canada depuis plus de 40 ans et qui a remarqué l’abandon des lieux de rassemblement jadis prisés par les Chinois, soit le mail Saint-Roch – qui n’existe plus aujourd’hui – et le restaurant McDonald’s situé à proximité des Galeries Charlesbourg. « À Québec, on observe par ailleurs de plus en plus le déplacement des Chinois de deuxième génération vers Toronto, parce que ceux-ci veulent parler anglais, un mouvement qu’imitent leurs parents à la retraite, qui vont les rejoindre », ajoute le copropriétaire du restaurant Maison de Jade.

Du côté des Indochinois, le sentiment d’appartenance à l’égard de la capitale semble s’être développé davantage. Selon M. Khuong, « une fois installés ici, ceux qui immigrent ne veulent plus déménager. En ce qui concerne la deuxième génération, cependant, plus scolarisée, si certains sont attachés à Québec et restent, beaucoup finissent par aller à Montréal. »

Les restaurants : lieux de travail et d’apprentissage

Pour les nouveaux venus, Chinois comme Indochinois, la restauration constitue toujours le secteur d’activité où ils sont le plus fortement représentés à titre de propriétaires d’entreprises, mais plus souvent comme travailleurs. « Je dirais que plus de 90 % des Chinois qui vivent dans la capitale travaillent dans les restaurants », affirme M. Ing. « Les restaurants asiatiques sont évidemment des endroits où de l’emploi est offert, mais c’est également un lieu propice pour apprendre le français, un lieu où des liens se créent entre les membres de la communauté », exprime pour sa part Bun Tean Khuong.

Autrement, les Vietnamiens et les Cambodgiens – auxquels se joignent les Laotiens – ont leur pagode bouddhiste respective à Québec, pagode qu’ils fréquentent pour le culte ou à l’occasion de fêtes telles que le Nouvel An.

La famille Khuong établie au Québec.
La famille Khuong établie au Québec.

Des préjugés ?

« Ils sont habituellement attribuables à l’ignorance des gens et sont de moins en moins courants. Avant, la population ne connaissait pas la Chine, mais maintenant, elle en sait beaucoup plus sur le pays et sur ses habitants », termine Kenneth Ing, qui s’amuse à reprendre son fils lorsque celui-ci se dit Québécois, alors que lui préfère qu’il se considère « Chinois-Québécois ».

Combien sont-ils à Québec ?

  • Vietnamiens : 1 500
  • Chinois : 1 200
  • Cambodgiens : 400
  • Laotiens : 100
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