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La communauté arabe

29 septembre 2011 - Par Johanne Martin

Le peuple discret

Ils sont majoritairement d’origines marocaine, algérienne, tunisienne, iranienne, libanaise, égyptienne et irakienne. La plupart observent les rites de la religion musulmane, mais certains pratiquent le catholicisme. S’ils partagent une même langue, ils forment, dans la capitale comme ailleurs, une mosaïque culturelle très variée. Coup d’œil sur la communauté arabe de Québec.

Selon le recensement de 2006, ils seraient, dans la région de la Capitale-Nationale, un peu plus de 3 000 immigrants reçus en provenance des 7 pays les plus fortement représentés. Rares à l’échelle des 750 000 résidents que compte l’agglomération urbaine, ils sont aussi peu visibles en raison de leur dissémination sur le territoire.

« À Québec, on ne retrouve pas de ghetto ou de forte concentration d’Arabes dans un secteur bien précis de la ville, confirme Ghassan Brax, un Libanais très engagé qui habite la capitale depuis maintenant 11 ans. Autrefois, ils étaient surtout regroupés à Sainte-Foy et Sillery, ce qui n’est plus vraiment le cas aujourd’hui, compte tenu de la hausse du prix des propriétés, mais également d’un certain désir d’indépendance de la part de plusieurs immigrants. »

Malgré tout, c’est encore dans cette zone que les lieux de culte les plus fréquentés par la communauté arabe ont pignon sur rue. Les résidents d’ascendance chrétienne y convergent pour se rendre dans les églises catholiques melkite et maronite. Deux mosquées très populaires – le Centre culturel islamique de Québec et la mosquée Annour – s’y trouvent aussi et servent de lieux de prière et de rencontre aux Arabes musulmans.

Le Centre culturel islamique de Québec
Le Centre culturel islamique de Québec
La mosquée Annour se fait très discrète, tout comme le peuple arabe.
La mosquée Annour se fait très discrète, tout comme le peuple arabe.

« Plusieurs des boutiques d’alimentation où s’approvisionnent les gens sont également établies dans l’arrondissement de Sainte-Foy–Sillery, mentionne à son tour Ihssane El Ghernati, une représentante de la communauté d’origine marocaine. Il y en a cinq au total à Québec, dont trois dans ce secteur. »

Ghassan Brax (à droite) en compagnie d’Ali Miladi, copropriétaire du marché Label Terre, sis rue Soumande.
Ghassan Brax (à droite) en compagnie d’Ali Miladi, copropriétaire du marché Label Terre, sis rue Soumande.
Place de la Cité est l’un des lieux où se croisent encore plusieurs membres de la communauté arabe. Sur la photo : la propriétaire de la boutique d’alimentation Déli Universel, Hayet Ben Cheikh, et Ihssane El Ghernati, entourées de Sami et Hamel Mahfoud.
Place de la Cité est l’un des lieux où se croisent encore plusieurs membres de la communauté arabe. Sur la photo : la propriétaire de la boutique d’alimentation Déli Universel, Hayet Ben Cheikh, et Ihssane El Ghernati, entourées de Sami et Hamel Mahfoud.

Des lieux de culte, des commerces qui proposent une variété de produits, mais également, dans le quartier Montcalm, un établissement d’enseignement privé doublé d’une garderie à l’intérieur duquel les programmes de formation sont offerts en langue arabe. Non confessionnelle, l’École de l’Excellence accueille près de 200 enfants d’âge préscolaire et primaire et ouvre même, cette année, pour la toute première fois, une classe de première secondaire.

Non confessionnelle, l’École de l’Excellence accueille près de 200 enfants d’âge préscolaire et primaire et ouvre même, cette année, pour la toute première fois, une classe de première secondaire.
Non confessionnelle, l’École de l’Excellence accueille près de 200 enfants d’âge préscolaire et primaire et ouvre même, cette année, pour la toute première fois, une classe de première secondaire.

« L’instruction représente d’ailleurs l’une des valeurs prédominantes au sein de la communauté, reprend M. Brax. Il faut savoir que bon nombre d’immigrants du Maghreb, notamment, sont hyperscolarisés. Malgré tout, c’est dans cette population que l’on enregistre le plus haut taux de chômage, un taux qui frôle les 30 %. »

Des préjugés tenaces

La mauvaise presse dont fait l’objet le peuple arabe depuis les attentats du 11 septembre n’est pas étrangère à ce triste bilan. « Il y a beaucoup de publicité négative nous concernant, des personnes qui nous associent invariablement au terrorisme, déclare l’homme d’origine libanaise. Nous sommes les deuxièmes victimes après celles du World Trade Center. Ce qu’on entend fait parfois très mal », lance pour sa part Mme El Ghernati.

En dépit des préjugés, à Québec, les membres de la communauté arabe parviennent à occuper différents types d’emploi. Les agronomes, ingénieurs, médecins, professeurs, chercheurs, informaticiens, travailleurs de la restauration et chauffeurs de taxi sont cependant plus nombreux à compter dans leurs rangs une quantité appréciable de représentants de cette communauté. À la faveur d’une culture entrepreneuriale très développée, ils sont également plusieurs à posséder des commerces.

« Enfin, quand il s’agit d’intégration de nouveaux arrivants, l’entraide est quelque chose de bien enraciné ici, peu importe les conflits qui opposent les peuples dans leurs pays d’origine, complète Ihssane El Ghernati. Les organismes en place ne peuvent pas tout faire pour la recherche d’emploi ou pour l’alimentation, par exemple ; c’est pourquoi des gens s’impliquent et acceptent de donner de leur temps. »

Ghassan Brax (à droite) en compagnie d’Ali Miladi, copropriétaire du marché Label Terre, sis rue Soumande.

Place de la Cité est l’un des lieux où se croisent encore plusieurs membres de la communauté arabe. Sur la photo : la propriétaire de la boutique d’alimentation Déli Universel, Hayet Ben Cheikh, et Ihssane El Ghernati, entourées de Sami et Hamel Mahfoud.

Les mosquées à Québec se font très discrètes, tout comme le peuple arabe. Ci-haut, la mosquée Annour et ci-bas, le centre culturel islamique de Québec, tous deux situés dans l’arrondissement de Sainte-Foy-Sillery.

Non confessionnelle, l’École de l’Excellence accueille près de 200 enfants d’âge préscolaire et primaire et ouvre même, cette année, pour la toute première fois, une classe de première secondaire.

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