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L’Allemagne se souvient de la chute du mur de Berlin

10 février 2015 - Par Sylvie Ruel

Le soir du 9 octobre 2014, plus de 150 000 personnes ont marché calmement dans les rues illuminées de Leipzig, ville de l’Allemagne de l’Est, pour commémorer cette fameuse marche pacifique qui a mené à la chute du mur de Berlin et à la réunification de l’Allemagne.

 

Leipzig

« C’est ici, à Leipzig, qu’ont commencé les premières manifestations », nous a mentionné notre guide touristique. Quelques lieux sont là pour nous rappeler ces années troubles. Au Forum d’histoire contemporaine de Leipzig, un musée relatant la division de l’Allemagne à la fin de la guerre et la construction du « mur de la honte », une exposition nous montre le quotidien des habitants de l’Allemagne de l’Est sous l’occupation soviétique et le régime totalitaire de la Stasi (Sécurité d’État). La Stasi comptait 85 000 employés, tous à l’affût des moindres faits et gestes de leurs concitoyens. Le quartier général qu’elle occupait est aujourd’hui un musée nous racontant les atrocités commises dans l’ancienne Allemagne de l’Est.

Marche dans les rues illuminées de Leipzig, le 9 octobre 2014, en rappel de la marche qui a eu lieu le 9 octobre 1989.

La ville de Leipzig compte deux églises importantes : l’église Saint-Nicolas et l’église Saint-Thomas. Cette dernière fut un des points de départ des manifestations pour la chute du mur et de nombreux citoyens s’y réunissent chaque lundi pour la prière de la paix. C’est aussi à l’église Saint-Thomas qu’est enterré Jean-Sébastien Bach. Un musée est consacré à ce grand compositeur juste en face. Cité mélomane, Leipzig a aussi été la patrie de Schumann et Mendelssohn.

 

Rappel historique 
Le Checkpoint Charlie, l’un des endroits les plus visités de Berlin.
À la fin de la Deuxième Guerre, après la capitulation de l’Allemagne signée à Berlin, les quatre pays victorieux (États-Unis, URSS, France et Grande-Bretagne) prennent le contrôle de la ville. Or, la tension croît entre Moscou et les pays occidentaux. Moscou s’oppose à l’introduction de la réforme monétaire occidentale, provoquant ainsi un blocus qui sera à l’origine de la création, en 1949, d’une République démocratique (RDA) à l’est de la ville. Soulèvements populaires, répression, afflux des gens de l’Est vers l’Ouest font en sorte que, le 13 août 1961, les Soviétiques interdisent tout passage entre les deux Berlin. Quelques jours plus tard commence la construction d’un mur de béton de 160 km de long et de quatre mètres de haut. Les deux Berlin se développent selon des régimes idéologiques opposés. Ce n’est qu’en 1989 que l’Allemagne de l’Est permettra aux citoyens de voyager à l’étranger, mettant ainsi fin à la division entre l’Est et l’Ouest.

 

Berlin

Le 9 novembre 2014, soit exactement un mois plus tard, a eu lieu, à Berlin, le 25e anniversaire de la chute du mur, alors qu’une installation lumineuse de 100 000 ballons blancs a suivi son tracé sur 12 kilomètres. Le ministère du Tourisme berlinois en a profité pour convier les citoyens de la ville et les visiteurs étrangers à revoir ces lieux de mémoire.

Vestige du mur de Berlin, la East Side Gallery.

Capitale de l’Allemagne réunifiée, Berlin compte plusieurs cicatrices, dont les restes du mur qui divisait la ville en deux. Rares sont les vestiges qui subsistent : le plus long tronçon à avoir été préservé est la East Side Gallery, sur lequel 18 artistes de 21 pays sont venus peindre des œuvres originales. Cette portion du mur, d’une longueur de 1,3 km, constitue la plus grande galerie à ciel ouvert. 

Le vieux quartier juif de Berlin

Sculpture dans le quartier juif commémorant le sort des 55 000 juifs emmenés à Auschwitz.

Le Mémorial du Mur de Berlin conserve également une partie du mur original. On peut y voir les photos des 131 hommes, femmes et enfants qui ont été tués à bout portant en essayant de franchir le mur. Dans la Chapelle de réconciliation, qui remplace l’église détruite par les Soviétiques, un service religieux est célébré chaque jour pour ces victimes.

Mémorial du Mur de Berlin

Pour voir jusqu’où allait la tyrannie du régime soviétique, il faut se rendre à Berlin-Hohenschönhausen, soit l’une des 75 prisons de l’Allemagne de l’Est. Celle-ci accueillait surtout les prisonniers politiques qui étaient soumis à la torture psychologique. Ce sont d’anciens prisonniers qui y travaillent comme guides. 

Le Checkpoint Charlie, qui était, jusqu’en 1963, le seul point de passage entre l’Est et l’Ouest, est l’un des endroits les plus visités de Berlin. À l’endroit où les tanks américains et russes se faisaient face, prêts à s’affronter, se trouve aujourd’hui un musée fort intéressant qui expose des documents sur l’édification du mur et tous les moyens (rocambolesques) employés par les citoyens pour passer à l’ouest. À l’extérieur, on offre aux visiteurs de parcourir la ville en Trabi, la voiture traditionnelle de l’Allemagne de l’Est.

La station de train Friedchstrabe (Palace of Tears), où les Berlinois pouvaient passer de l’Est à l’Ouest, présente une exposition qui rassemble des témoignages et des histoires touchantes, telles que celles de couples séparés, de familles divisées…

Mémorial de l’Holocauste

Une visite de Berlin ne serait pas complète sans un arrêt au Mémorial de l’Holocauste, situé à 300 mètres de l’endroit où se trouvait le bunker d’Hitler. Le visiteur entre dans un champ de 2 700 stèles de tailles différentes, qui reposent sur un champ ondulé. « Vous marchez sur le terrain et vous avez l’impression de disparaître comme les six millions de juifs qui sont disparus », a mentionné notre guide.

Enfin, le vieux quartier juif du centre-ville (Mitte), dominé par la coupole dorée de la synagogue, vaut également le détour. De quartier pauvre, il est devenu un quartier d’artistes à la mode avec ses cafés, ses galeries d’art et ses belles boutiques. Le samedi après-midi, on y sent toute la fébrilité de Berlin. Toutefois, le quartier conserve plusieurs balafres du temps de la guerre. Une plaque commémorative, entre autres, rend hommage aux 55 000 juifs du quartier qui, en 1942, ont été emmenés à Auschwitz.

Pour en savoir davantage : germany.travel

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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