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Génération C

31 octobre 2013 - Par Marie-Josée Turcotte

Ce mois-ci, dans PRESTIGE, nous abordons un sujet qui touche énormément de personnes : la conciliation travail-famille. S’il y eut une époque, quand même pas si lointaine, où le rôle des hommes et celui des femmes étaient prédéfinis, aujourd’hui, on peut affirmer que le décloisonnement est complet. Autant les femmes ont-elles accès à des postes de haute responsabilité dans les entreprises, autant les hommes se préoccupent-ils des soins et du temps qu’ils passent avec leurs enfants. Le « papa pourvoyeur » et la « reine du foyer » est un modèle désuet en voie d’extinction.

Même si à peu près personne ne souhaite revenir en arrière, il faut tout de même convenir que cette nouvelle réalité entraîne son lot de défis à relever… le premier étant d’arriver à trouver cet équilibre tant recherché entre les responsabilités personnelles et professionnelles, au sein d’un monde qui s’évertue à nous faire croire que l’on peut mener de front une carrière passionnante, mais accaparante, et élever nos enfants en compensant la quantité par la qualité du temps passé avec eux.

C’est, à mon humble avis, l’un des plus grands leurres que subit ma génération. Non seulement cette manière d’appréhender le monde est-elle fondamentalement irréaliste (puisqu’on ne peut être présent et absent à la fois, physiquement ou mentalement), mais elle contribue à culpabiliser tous ceux et celles qui ne parviennent pas à trouver ce pseudo-équilibre. Autrement dit, le problème n’est pas de vouloir mener une carrière exaltante ou, encore, de préférer rentrer tous les soirs à la maison pour faire le souper puis les devoirs avec les enfants. Le problème est de s’imaginer que l’on peut faire les deux parfaitement et que personne n’y perdra au change.

Après la génération X et la génération Y, l’heure est venue pour la génération C de prendre position.

Qu’on le veuille ou non, il faut faire des choix. Et tenter de les assumer avec tout ce qu’ils comportent de frustrations, de déceptions et souvent de doutes et de remises en question. Ce n’est pas une mince affaire, j’en suis certainement la preuve vivante. Mais je suis aussi de celles qui croient qu’un choix assumé, quel qu’il soit, est beaucoup plus facile à accepter par soi-même et par l’entourage, en plus d’être meilleur pour la santé mentale de tout le monde. Rien n’est plus inspirant, à mes yeux, qu’un individu qui donne sa pleine mesure dans ce qu’il a choisi de faire et qui évite de se laisser (trop) distraire de sa trajectoire, contrairement à celui qui, tiraillé et guetté par l’insatisfaction, n’arrive jamais à déterminer ce qui est le plus important à ses yeux, ou pire, est persuadé qu’il n’a aucun choix à faire…

Après la génération X et la génération Y, l’heure est venue pour la génération C de prendre position. C pour « conciliation », bien sûr, mais surtout pour « compromis » et pour « choix » de vie…

 

 

 

 

 

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