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Francis Ouimet : le père du golf américain

6 juillet 2015 - Par Jacques Noël

Avant Tiger Wood, le golf était un sport de « blancs ». Et avant Francis Ouimet, le golf était un sport de riches, d'aristocrates et de Britanniques. Un sport étranger à l'Américain moyen.

En 1913, devant les plus grands golfeurs de l'époque, Ouimet a réussi l'impossible. À peine âgé de 20 ans, à la surprise générale, le jeune caddie rafle le US Open, devenant le premier amateur à le faire, humiliant les deux grands pros anglais, Harry Vardon et Ted Ray. Brillant de tout son feu, Ouimet a remis une dernière carte de 72, contre 77 pour Vardon et 78 pour Ray. C'est un peu l'équivalent de la victoire de l'équipe américaine de hockey sur les Soviétiques aux Jeux de Lake Placid.

Francis Ouimet en compagnie de son caddie, Eddie Lowery, lors du US Open de 1913.- Source : Ouimet College Scholarship Fund


L'exploit, colossal, a surtout changé la façon de voir le golf pour les Américains. Son héritage transcende sa victoire. En 1913, à peine 350 000 Américains jouaient au golf. Dix ans plus tard, alimenté par ses exploits, le nombre atteignait les deux millions. Aujourd'hui, Ouimet est considéré, à juste titre, comme le père du golf américain. « Ouimet a été le premier grand héros du golf américain, et il reste l’une des figures sportives les plus aimées », écrit le World Golf Hall of Fame, le panthéon du golf. Le texte, dithyrambique, compare ensuite l'histoire de Ouimet à un roman de Charles Dickens.

Le jeune homme de la classe ouvrière, élevé juste en face d'un terrain de golf, a appris à jouer avec les bâtons que lui procurait Wilfred, son frère aîné, caddie, lui aussi. Les deux frères s'étaient aménagé un terrain de quelques trous dans la cour de la maison, dans le foin et la gravelle, avec des boîtes de conserve de tomates qui servaient de trous. Une « patente à gosses » ! Une histoire dont les Américains raffolent. Disney a d’ailleurs fait un film sur l’exploit de Ouimet. Le film est basé sur le livre de Mark Frost, publié en 2002, The Greatest Game Ever Played : Harry Vardon, Francis Ouimet, and the Birth of Modern Golf.

Francis Ouimet entouré de Harry Vardon et Ted Ray, les deux grands pros anglais qu’il a battus en 1913, à la surprise générale.


On a passé en douce ses origines québécoises (même si le père a un accent vaguement québécois) pour en faire un Américain d’origine irlandaise (sa mère était irlandaise), un vrai « p’tit Yankee » parti de rien qui, à force de travail et de détermination, en vient à battre les meilleurs. An American Hero.

Mais la perspective était différente ici. Le Canada du 22 septembre 1913 rapporte l'exploit du US Open et parle de Ouimet comme d'un Canadien français : « Pour la première fois dans l’histoire du golf, aux États-Unis, le championnat national a été gagné par un jeune amateur, et la bonne fortune veut que cet amateur soit un Canadien-Français, Francis Ouimet, dont la famille habitait autrefois Montréal. Ouimet a battu ses concurrents d’Angleterre et des États-Unis. » Il a gagné plusieurs tournois par la suite et a fini sa carrière professionnelle comme capitaine du sacro-saint club de St Andrews en Écosse, la mecque mondiale du golf.

Grand (six pieds et deux), mince (175 livres), Ouimet était très élégant. Investisseur averti, il possédait un magasin d'articles de sport à Boston et était impliqué socialement. Il a été président des Bruins de Boston en 1931 et vice-président des Braves de Boston en 1941 (ils ont déménagé plus tard à Atlanta).

Francis Ouimet est né le 8 mai 1893 à Brookline, en banlieue de Boston. Sa mère, Mary Ellen Burke (1861-1920), est Américaine d'origine irlandaise. Son père, Arthur Ouimet (1849-1920), un modeste jardinier, vient de Terrebonne. Les Ouimet étaient établis à Terrebonne depuis le milieu du 18e siècle.

L'ancêtre, Jean Houymet, venait de Vrigny, près de Reims. Arrivé à Québec en 1659, sur le même bateau que monseigneur François Montmorency de Laval, il s'établit à Château-Richer, sur une terre de deux arpents de front (moins de 400 pieds), près de la rivière du Sault-à-la-Puce. En 1660, il épouse Renée Gagnon, une Canadienne de 17 ans. 

Timbre émis en l’honneur de Francis Ouimet en 1988.


Leur fils Louis (1663-1716) traverse à Saint-Jean de l'île d'Orléans. Il aura 14 enfants, dont Joseph (1704-1745), qui remonte le fleuve et s'arrête à Lachenaie, puis à Terrebonne. La famille y prospérera jusqu'au départ d'Arthur pour le Massachusetts, vers la fin du 19e siècle.

Francis Ouimet est mort le 2 septembre 1967 à Boston. Depuis 1949, une bourse d'études est remise à des caddies, la Francis Ouimet Scholarship Fund. Un timbre a été émis en son honneur en 1988.


 

Rendez-vous sur youtube.com pour voir la vidéo résumant le parcours de Francis Ouimet. 


 

LIGNÉE PATERNELLE DE FRANCIS OUIMET

OUIMET, Joseph Arthur (1849-1920)
BURKE, Mary Ellen (1861-1920)
m. 4 avril 1888, Brookline, Massachusetts

 

OUIMET, Joseph (1822-1888)
CHAPLEAU, Dorimène (1821-1862)
m. 24 octobre 1844, Terrebonne

 

OUIMET, François (1780-1850)
SEMUR-MARS, Marie-Radégonde (1782-1860)
m. 25 janvier 1802, Terrebonne

 

OUIMET, François (1745-1815)
MARION, Marie-Louise (1760-1806)
m. 28 juin 1779, Terrebonne

 

OUIMET, Joseph (1704-1745)
FILLION, Françoise (1715-1780)
m. 15 février 1740, Lachenaie

 

OUIMET, Louis (1663-1716)
GENEST, Marie-Anne (1677-1743)
m. 3 février 1693, Sainte-Famille, île d’Orléans

 

OUIMET, Jean (1635-1687)
GAGNON, Renée (1643-)
m. 3 octobre 1660, lieu indéterminé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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