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Essai routier de la BMW 535d xdrive

7 avril 2015 - Par Frédéric Masse

Le confort avant le sport

Jamais je n’aurais cru qu’un jour, je dirais cela d’une BMW, sauf peut-être de la Série 7. Et là encore, jamais je n’aurais été si tranchant. Mais où est donc le plaisir de conduire, si cher à cette marque, dans ma voiture d’essai, une 535d xdrive ? Celle-ci est tout sauf dynamique ! Pourtant, après m’être senti insulté, voire trahi, j’ai rectifié le tir.

 

La Série 5 de BMW est offerte dans une panoplie de versions : 528, 535, 550, Active Hybrid, M5… en plus de proposer des carrosseries différentes. N’est-il pas justifié que le tempérament de certaines d’entre elles soit plus feutré, plus relax ? Absolument. Mon cerveau ne s’y fait toujours pas, mais je comprends bien l’idée. Voici donc le portait d’une Allemande qui place le confort avant le sport.

Une génération assagie

Pour moi, la Série 5 est la figure emblématique de BMW. Imaginez : j’ai déjà titré un essai de cette berline de luxe intermédiaire « Si je n’en avais qu’une » dans l’Annuel de l’automobile. J’étais alors littéralement tombé amoureux de la 535 de la génération précédente. Depuis, la voiture a changé et s’est assagie. La 535d xdrive l’est encore davantage.

Il faut dire que cette BMW annonce ses couleurs dès le départ. Sa robe extérieure ne propose aucun artifice. Non pas qu’elle soit laide, loin de là ; juste un peu ennuyante. Pour ceux et celles que cela dérange, vous pourrez notamment la parer de belles roues, ou encore, choisir le magnifique ensemble M (une option de 3 600 dollars). Dans l’habitacle, ce n’est pas flamboyant non plus et les agencements de couleur sont un peu « louches »… Je me demande d’ailleurs qui a bien pu faire ces choix. Mais bon, passons. Ce n’est pas affreux, simplement un peu terne. Disons qu’Audi fait mieux en matière de présentation.

Une fois en route, difficile de critiquer quoi que ce soit en matière de confort et d’ergonomie. 

Une fois en route, difficile de critiquer quoi que ce soit en matière de confort et d’ergonomie. Le iDrive est devenu un outil simple à utiliser. Les boutons et les manettes sont bien placés. Le système tête haute, qui permet d’afficher les informations dans le pare-brise grâce à une projection, est génial. De plus, la Série 5 jouit d’une insonorisation impressionnante, ce qui est désormais la norme dans cette catégorie. Les sièges sont encore et toujours parfaitement adaptés à ma physionomie, autant à l’avant qu’à l’arrière. Dotés d’un nombre impressionnant d’ajustements, ils sont simplement parfaits. Idem en ce qui a trait à l’espace pour le conducteur et à celui du gigantesque coffre. Les passagers arrière, quant à eux, disposent d’un espace correct, sans plus.

 

Une mécanique sublime

Côté mécanique, la 535d n’a aucun complexe à avoir. Elle est aussi rapide que la A6 TDI, nettement plus que la E250. Capable de réaliser le 0-100 km/h en 5,8 secondes, tout en consommant en moyenne 7,5 litres/100 km (6,5 sur l’autoroute), son moteur m’a totalement charmé. Accompagné d’une excellente transmission automatique à huit rapports, ce six cylindres en ligne de trois litres turbocompressé produit 255 chevaux, mais surtout, 413 livres-pieds de couple gras à très bas régime.

Au volant, cette Série 5 n’a plus le punch d’autrefois, même si l’on choisit les réglages « sport ». Le passage de la direction hydraulique à l’électrique paraît encore plus dans une berline au tempérament plus calme. C’est encore plus vrai en considérant son poids (plus de 1 930 kilos), son empattement plus long et sa voie plus large. C’est parfait côté espace intérieur et stabilité, mais moins côté conduite. Les amateurs de ce type d’expérience seront toutefois ravis. Ils pourront ainsi conduire une BMW sans les désavantages d’une conduite sportive. De plus, la suspension parvient à absorber tous les aléas de la route, encore davantage en mode « confort ». Cela donne l’impression de rouler sur un nuage. Le revers de la médaille, c’est que cette même suspension étire et travaille fort lorsqu’on la pousse. Rien de majeur, cela dit, mais ce n’est pas à la hauteur de ce que nous offre habituellement BMW. Sur l’autoroute, elle peut dorloter sur de longues distances sans fatiguer. Vous serez alors constamment tenté de tester la puissance du moteur, qui ne semble jamais à bout de souffle, peu importe la vitesse. On dirait un train planté sur quatre roues, été comme hiver, grâce à sa traction intégrale immensément efficace. Attention aux contraventions !

Bien que la 535d soit toute une bagnole, elle n’est pas la BMW que l’on anticipe.

En conclusion, bien que la 535d soit toute une bagnole, elle n’est pas la BMW que l’on anticipe. Elle me fait davantage penser aux anciennes Lexus : très bien insonorisées, très bien finies, mais pas très excitantes. Le plus beau dans l’histoire, c’est que Lexus a construit plusieurs best-sellers avec cette recette, par exemple la ES ou la RX, l’aura de prestige et la faible consommation d’essence de la BMW en moins. Les futurs propriétaires sauront donc exactement ce qu’ils achètent. Mais pour ceux qui aiment conduire, qui ne cherchent pas une voiture à moteur diesel et qui souhaitent demeurer « chez les Bavarois », il y a toutes les autres de la Série 5. Il est aussi possible de se tourner vers la Audi A6, la Mercedes Classe E ou encore, la Lexus GS, qui offrent toutes, selon mes goûts, une expérience de conduite plus complète. 

 

Prix de base : 68 150 $
Prix du modèle essayé : 79 652 $
Moteur : 6 cylindres 3 litres turbo de 255 chevaux et 413 livres-pieds de couple
Transmission : Automatique à huit rapports
Concurrentes : Acura RLX, Audi A6, Cadillac CTS, Infiniti Q70, Jaguar XF, Lexus GS, Mercedes E

 

 

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