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Essai routier de l’Acura RLX - Le luxe… sans la poudre aux yeux

11 décembre 2013 - Par Frédéric Masse

La RL a été un flop pour Acura. Trop petite, trop gourmande, pas assez différente, elle ne soulevait aucune passion. Sa remplaçante, la RLX, tente de corriger le tir.

 

Trois problèmes, deux solutions et demie

Commençons par examiner ce qu’ont été les trois « freins » de la RL, soit sa taille, son moteur et son design, et ce que propose maintenant la RLX. Le premier problème a assurément été traité, la RLX ayant vu son empattement allongé de deux pouces, tout en étant plus large de 1,7 pouce. Le résultat est évident : l’habitacle est nettement plus spacieux, surtout à l’arrière, où la différence est majeure. Il est donc maintenant possible d’asseoir deux adultes à l’avant et deux autres à l’arrière en tout confort. Dans une berline amirale comme la RLX, c’était indispensable.

Le deuxième « frein » de la RL concernait sa consommation d’essence. La RLX offre désormais un moteur V6 de 3,5 litres à gestion variable des cylindres de 310 chevaux. Là aussi, le changement se fait rapidement sentir. Tout comme l’ancien moteur, les accélérations sont dans la bonne moyenne avec l’atteinte du 0-100 km sous la barre des six secondes. Les reprises sont également satisfaisantes et le son du moteur est agréable lorsqu’on le pousse plus fort. Pas le plus puissant de sa catégorie ni le plus vivant, mais il parvient tout de même à tirer son épingle du jeu et s’avère efficace. Ceux et celles pour qui la consommation d’essence et la performance sont importantes seront encore plus heureux d’apprendre la venue sur le marché d’une version hybride à traction intégrale avec trois moteurs électriques. J’ai d’ailleurs bien hâte de tester cette version.

Finalement, le troisième et dernier « frein » de la RL concernait son design. Sur ce point, difficile d’affirmer que la RLX est époustouflante. Le mot « anonyme » convient mieux, selon moi. Étrangement, ce sera peut-être l’un de ses arguments de vente. Quiconque souhaite rouler dans une grosse berline de luxe sans le crier sur tous les toits devrait y trouver son compte. Mais pour les autres, la RLX aurait eu avantage à démontrer un peu plus de personnalité.

Et pour tout le reste…

Pour tout le reste, la RLX est très impressionnante. La qualité d’assemblage, notamment, est impeccable. Idem pour l’habitacle, qui se veut, lui aussi, très discret, mais extrêmement confortable et fonctionnel.

Les cuirs, la finition, la qualité générale des matériaux, le confort des sièges… tout est dans l’esprit d’Acura, soit sans faille. Il faudra peut-être un peu de temps pour vous familiariser avec le système de commande des interactions, mais celui-ci s’avère tout de même assez intuitif. Même son de cloche pour l’excellente insonorisation et le système stéréo, dont l’optionnel Krell et ses 14 haut-parleurs, qui se veut tout simplement divin.

Au volant, pour l’instant, sachez que la RLX est une traction avec des roues arrière directionnelles, qu’elle est dotée d’un châssis d’une solidité exceptionnelle et d’un freinage très puissant. J’ai apprécié sa direction bien dosée et bien calibrée qui met le confort à l’avant-plan, et sa dimension de roues aisonnable (18 pouces de série, 19 en option). La voiture, de manière générale, réagit aussi fort bien lorsqu’un peu malmenée. Malgré son poids nettement plus important sur la partie avant (plus de 60 %), la RLX colle bien au sol dans les virages et aime même s’amuser un peu sur la route. Certaines personnes risquent toutefois de trouver la suspension trop ferme au quotidien.

Je m’en voudrais de passer sous silence l’ensemble des systèmes de surveillance et les aides électroniques qu’offre la RLX. Détecteur de sortie de voie, système d’alerte de franchissement involontaire de ligne (qui vous gardera entre les deux lignes si vous quittez la route des yeux), système d’alerte de collision avant, détection des angles morts, régulateur de vitesse adaptatif, phares à DEL (diode électroluminescente), caméra de recul multiangle… Bref, assez de « bidules » pour rendre jalouse la NASA !

En somme, la RLX plaira aux conducteurs qui recherchent une grande berline sans mettre trop de poudre aux yeux. Elle exécute bien chacune de ses tâches, sans toutefois y ajouter la touche de passion, de performance ou de design qu’offrent plusieurs de ses concurrentes. D’un autre côté, sa feuille de route en matière de fiabilité est historiquement sans faille. Est-ce que cela suffira à renverser la vapeur et à en faire une concurrente féroce ? J’en doute. Est-ce qu’elle répond toutefois à un type de clientèle qui cherche ce type de voiture ? Oui. Je crois aussi que la future version hybride viendra changer la donne en transformant diamétralement son comportement. C’est donc une histoire à suivre.

 

Prix de base : 49 990 $
Modèle essayé (Acura RLX Tech) : 64 341 $
Moteur : V6 de 3,5 litres
Transmission : automatique à six rapports
Puissance : 310 chevaux à 6 500 tr/min,
272 lb-pi à 4 500 tr/min
Ses concurrentes : Audi A6, Cadillac XTS, BMW Série 5, Infiniti M, Jaguar XF, Lexus GS, Lincoln MKS , Mercedes Classe E, Volvo S80

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