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EN PAGE COUVERTURE - Jean Gaudreau, artiste multidisciplinaire

9 février 2016 - Par Johanne Martin

 Sous les toits de Jean Gaudreau

« Ma vie est ici ! » lance spontanément Jean Gaudreau. Ici, c’est la galerie qui porte son nom et qu’il a ouverte en juillet dernier à proximité du Château Frontenac. Ici, c’est le lieu de diffusion de son art dans une ville dont il dit qu’elle est la plus belle au monde. Ici, c’est le carrefour de l’improbable rencontre de techniques et de matières qui, savamment, s’amalgament…

Jean Gaudreau et son oeuvre intitulée Tour de veille - Pignon original du Château Frontenac retravaillé
Technique : Peinture industrielle, acrylique, huile, crayon, intégration
Année de réalisation : 2014
Dimensions : Hauteur de 243,84 cm | 96 po
Circonférence : 132,08 cm | 52 po
Photo : Marc-Éric Baillargeon

Amalgame. D’entrée de jeu, Jean Gaudreau confirme que sa vie professionnelle représente en soi une addition de rôles peu commune. « À la base, je suis un artiste ; pas un galeriste ni un homme d’affaires ! » s’empresse-t-il d’exprimer. Avec l’aide d’un partenaire financier, il a cependant osé. Avoir pignon sur rue constitue pour lui le couronnement d’une carrière empreinte de passion, d’audace et de détermination.

 

Québec - Paris même combat
Techniques utilisées : huile, encaustique, cuivre recyclé provenant de l'ancienne toiture du Château Frontenac, collage de fragment sur toile de lin.
Année de réalisation : 2015
Dimensions : 91,44 x 122,78 cm | 30 x 40 po

 « La Galerie Jean Gaudreau est un espace exclusif à mes oeuvres. Je suis probablement le seul en Haute-Ville qui possède sa propre galerie. »

 « La Galerie Jean Gaudreau est un espace exclusif à mes oeuvres. Je suis probablement le seul en Haute-Ville qui possède sa propre galerie. Toutes mes périodes de création y sont exposées. Depuis 25 ans, j’ai fait beaucoup de choses et je conserve ici des pièces récentes comme des pièces plus anciennes. Mon refuge de diffusion, je le voulais accessible tant aux gens de Québec qu’aux touristes », insiste le peintre et sculpteur. Le 49, rue Saint-Louis, non seulement symbolise cette porte ouverte sur l’international, mais rapproche également l’artiste de l’emblématique château Frontenac. Il y a quelques années, alors que des travaux de réfection de la toiture du mythique hôtel étaient en cours, Jean Gaudreau mettait la main sur quelques-uns des fragments vert-de-gris remplacés. L’expression artistique de l’homme allait prendre un nouveau virage.

Enracinement métallique no L-Z 4 - 84
Techniques utilisées : acrylique, huile, collage, intégration de cuivre recyclé provenant de l’ancienne toiture du Château Frontenac sur toile de lin monté sur contre-plaqué.
Année de réalisation : 2014
Dimensions : 182,88 x 182,88 cm | 72 x 72 po

De toit à toiles

Né à Québec et détenteur d’un baccalauréat en arts visuels de l’Université Laval, le créateur admet qu’il s’est toujours senti investi de la mission de préserver le patrimoine, de l’intégrer à un art contemporain et vivant. Plusieurs mois de gestation allaient être nécessaires pour qu’il parvienne
à développer sa façon à lui d’insérer les morceaux de cuivre dans ses tableaux, de composer un amalgame entre la toile et la sculpture.

Mécanique en fusion no C M - 756
Techniques utilisées : acrylique, huile, pastel à l'huile, intégration de cuivre recyclé provenant de l’ancienne toiture du Château Frontenac, collage, encaustique sur toile montée sur contre-plaqué.
Année de réalisation : 2014
Dimensions : 182,88 x 274,32 cm | 72 x 108 po

« Chaque pièce de cuivre est numérotée avec une écriture qui rappelle l’armée et permet d’obtenir une traçabilité des fragments issus de la toiture du Château Frontenac, commente Jean Gaudreau. J’ai élaboré un système et depuis l’an dernier, j’utilise aussi des morceaux du toit de l’édifice Price, un autre bâtiment très connu dans la capitale et associé à l’histoire de la ville. Le cuivre est dans toutes mes oeuvres maintenant. »

Récupérer, recycler, redonner vie. Gaudreau en fait les moteurs de son inspiration. Les techniques s’entremêlent, tout comme les matières employées : pastel à l’huile, acrylique, encaustique, laque, vernis, peinture en aérosol… Le narratif varie évidemment, mais l’essence de l’artiste réside dans chacune de ses oeuvres, qu’il habille presque invariablement de couleurs vives, flamboyantes, vibrantes.

Le saxophone
Techniques utilisées : huile, acrylique, pastel, intégration de cuivre recyclé provenant de
l’ancienne toiture du Château Frontenac, sur toile de lin.
Année de réalisation : 2014
Dimensions : 139,67 x 267,90 cm - 26 x 89 po

Nouveau souffle

Dans son atelier, l’homme récupère même ce qui tombe au sol. Au printemps 2010, il lançait l’exposition Le pied au plancher. « Actuellement, je reprends cette série-là ; je lui donne un nouveau souffle en y incorporant du cuivre que je tords, grave, troue et repeins. J’en fais également le matériau de base de ma dernière série, Au coeur de nos vies… parce que le coeur est omniprésent dans nos existences », ajoute-t-il.

« Les arts et les affaires, il faut apprivoiser ça, développer cet amalgame-là ! » 

Deuxième souffle et nouvelle voie aussi, puisque Jean Gaudreau explore la sculpture depuis un an et demi. En parallèle, il travaille à sensibiliser les constructeurs à l’intérêt d’intégrer l’art public aux immeubles privés. Avec l’appui du maire de Québec, l’une de ses sculptures trône ainsi dignement devant le complexe résidentiel Les Terrasses du Plateau, rue de l’Église. Convaincu, il s’est
fait convaincant auprès du promoteur.

Au coeur du forgeron no P - 22
Techniques utilisées : cuivre recyclé du Château Frontenac, pastel à l'huile, acrylique, huile, crayon déposé dans boitier de type muséal.
Année de réalisation : 2016

« Les arts et les affaires, il faut apprivoiser ça, développer cet amalgame-là ! » martèle celui dont on trouve aujourd’hui les oeuvres dans plusieurs collections publiques et privées – Cirque du Soleil, bureau de l’arrondissement de Charlesbourg, Bibliothèque nationale du Canada, Quebecor, Premier Tech…

« L’ouverture à l’art évolue et beaucoup de gens croient maintenant en ce que je fais. » La valeur des oeuvres de l’artiste a d’ailleurs triplé au cours des 10 dernières années. Si le Cirque du Soleil y a cru – une exposition solo dans les locaux de l’entreprise, en février 2003, marque le début d’une collaboration qui perdure encore et continue d’inspirer le créateur –, Jean Gaudreau s’est en outre fait remarquer par le célèbre metteur en scène Robert Lepage. En 2009 et 2010, le cinéaste manifeste clairement son intérêt à protéger les oeuvres de Gaudreau dans le cadre de la projection extérieure Le Moulin à images.

« L’ouverture à l’art évolue et beaucoup de gens croient maintenant en ce que je fais. »

Engagé

Dans sa galerie du Vieux-Québec, l’artiste qui a apprivoisé le monde des affaires propose quelques produits dérivés : sérigraphies, lithographies, cartes postales… Des reproductions au jet d’encre « rehaussées et retouchées », explique-t-il. Celle qu’il présente – une oeuvre d’actualité – dénonce le terrorisme.

Au passage, le créateur confie qu’il songe à produire un livre sur son parcours professionnel, livre qui pourrait voir le jour dès cet automne.

Enfin, fort de la réputation qu’il s’est bâtie, Jean Gaudreau n’hésite pas à faire profiter différentes causes du succès qui est le sien. Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de
Québec, Société Alzheimer, La Tablée des chefs, Fondation Québec Jeunes, Dystrophie musculaire Canada, Bal de l’Émeraude, Les Violons du Roy, Gris Québec, Unicef : le soutien qu’il apporte représente assurément pour lui une autre façon de laisser sa trace…

Information
Galerie Jean Gaudreau
49, rue Saint-Louis
Québec, Canada G1R 3Z2
Tél. : 418 694-6213 | 418 999-9838
Courriel : messages@jeangaudreau.com
Site Internet : galeriejeangaudreau.com | jeangaudreau.com | jeangaudreauartpublic.com
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