PUBLICITÉ

ÉDITION SPÉCIALE LÉVIS - Lorsqu’un pont est plus qu’un pont…

23 juin 2015 - Par Marie-Josée Turcotte

S’il est un sujet qui, ces jours-ci, suscite les opinions les plus diverses et soulève les passions chez plusieurs, c’est bien le sort du pont de Québec. Il n’y a rien d’étonnant à cela, quand on y pense. Tous les grands pays du monde ont leur pont plus ou moins célèbre, et plusieurs d’entre eux sont en quelque sorte des monuments qui servent d’emblème national.

Pensons, par exemple, au pont de Londres (Tower Bridge). Faites une recherche sur Google en tapant le nom de la capitale anglaise et parmi les premières images qui apparaîtront se trouve celle de ce pont basculant ingénieux et remarquable, qui unit les deux rives de la Tamise. Le Golden Gate Bridge de San Francisco et le Brooklyn Bridge de New York font également partie de ces ponts iconiques qui personnalisent les cités, qui leur donnent une identité propre sur le plan international.

Pour avoir visité ces trois villes au cours des 10 dernières années, je peux vous assurer que leur pouvoir d’attraction est bien réel. Comme la plupart des touristes, il m’a fallu au moins une photo de moi avec chacun des ponts en trame de fond. Pas seulement pour prouver que j’y étais et que je les ai vus, de mes yeux vus, mais parce que leur symbolique dépasse leur fonction d’enjamber les eaux.

Ce pont, qui a déjà vécu non pas un, mais deux effondrements (en 1907 et en 1916), a été « victime » d’abandon et de négligence.

À l’instar d’un artiste qui crée une œuvre exclusive, l’ingénieur qui dessine un pont cherche à apposer son caractère unique dans la structure architecturale. Bref, un pont n’est rarement qu’un pont ! Qui plus est, son édification cache souvent une histoire peu banale qui l’érige, justement, au titre de « lieu historique ». Le pont devient alors un témoignage du passé et un objet de fierté… dans la mesure où on lui accorde la valeur qu’il mérite, bien entendu !

Est-ce le cas pour le pont de Québec qui, rappelons-le, est considéré encore aujourd’hui comme une œuvre majeure d'ingénierie ? Il n’y a qu’un pas à franchir afin qu’il soit un jour placé sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. En attendant, il fait partie d’une autre liste moins sélecte : celle des 10 sites les plus menacés au Canada, selon l’organisme Héritage Canada. Eh oui, nous en sommes rendus là…

Ce pont, qui a déjà vécu non pas un, mais deux effondrements (en 1907 et en 1916), a été « victime » d’abandon et de négligence. Pas seulement de la part du CN, mais de toute une population qui a laissé la rouille l’envahir, lentement mais sûrement. Une preuve, selon moi, que nous avons oublié le symbole qu’il représente, que nous n’avons pas pris soin d’un joyau qui mériterait, au contraire, d’être mis en valeur jour et nuit, à l’instar des ponts de Londres, de New York et de San Francisco.

Il en coûtera désormais 400 millions de dollars uniquement pour l’entretenir en bonne et due forme. Pourquoi une somme aussi exorbitante ? Notre journaliste Donald Charette s’est penché sur cette question. Un dossier passionnant que je vous invite à lire. Un dossier qui fait surtout réfléchir sur le coût des choses que l’on néglige et sur la notion de responsabilité. 

PUBLICITÉ
X