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Devenir mannequin à l’échelle internationale

1er septembre 2017 - Par Audrey-Anne Di Vita

Mariana , Focus ONE Mannequins, defilé Festival Mode & Design 2016

Quand la beauté rencontre la rigueur

Dans le domaine de la mode, ce qui nous vient en tête en premier lieu, ce sont les vêtements. Cependant, on oublie souvent ceux et celles qui donnent une âme aux tenues mises en valeur : les mannequins. Rêve inaccessible pour la plupart, réalité pour quelques autres qui réussissent même, dans certains cas, à faire carrière à l’échelle internationale. Parmi ces derniers, des modèles québécois. Oui, oui ! Des filles et des garçons d’ici travaillent dans cette industrie mondiale. Voyons comment il est possible d’accéder à ce milieu… pas toujours aussi glamour qu’on le croit.

Ne devient pas mannequin qui veut. Michelle Gauvin de l’agence EMA fait le parallèle avec la carrière d’un joueur de hockey : beaucoup d’appelés, peu d’élus. Et sachez qu’il ne suffit pas d’avoir un joli minois pour effectuer une percée.

Bien que l’apparence physique soit encore très importante – certains critères de base comme la grandeur et les mensurations éliminent dès le départ un grand nombre de « recrues », les designers étant à la recherche de standards précis pour mettre en valeur leurs vêtements ‒, la personnalité du mannequin compte beaucoup pour réussir dans ce métier.
Marjory Durocher , Agence Caractère

« On recherche des personnes rayonnantes, faciles d’approche, capables d’entretenir de bonnes relations de travail et faisant preuve de rigueur », explique Jocelyn Bernier de l’agence Focus ONE. Le « sois belle et tais-toi », ça n’existe plus. Pour réussir, les mannequins doivent désormais savoir se vendre, savoir travailler leur propre image de marque. Les trois agences interrogées – EMA, Focus One et Caractère – sont d’ailleurs d’accord pour dire que la volonté de réussir et la rigueur professionnelle sont absolument primordiales chez les mannequins qui souhaitent se démarquer au-delà de leur apparence physique et qui visent une longue carrière, ici comme à l’international.

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Laurence, Dariane et Sandrine, Agence Ema.

L’importance du photographe
Bien que le succès de certains mannequins puisse résulter d’un coup de chance (être au bon endroit au bon moment), la relation avec un photographe et les photos iconiques qu’il parviendra à réaliser afin de créer un book (un portfolio), soit l’ensemble de l’œuvre du mannequin, est primordiale. Ce book est en réalité une carte de visite pour décrocher des contrats. Ainsi, les changements physiques radicaux sont à bannir, sinon le mannequin devra « revisiter » son book. Il importe aussi de savoir maintenir sa silhouette, car si celle-ci ne correspond plus à celle du book, le candidat ou la candidate sera rejeté.

La vie atypique des mannequins
Avant de se lancer dans « l’arène » du mannequinat, la personne doit savoir que la vie d’un mannequin n’est pas toujours aussi idyllique qu’elle en a l’air. Il faut savoir jongler avec des horaires tous plus atypiques les uns que les autres, comportant, par exemple, des séances photos de nuit ou des quarts de travail de plus de 12 heures.

De plus, des mannequins ont parfois plusieurs contrats rapprochés les uns des autres, mais ils peuvent aussi ne pas avoir de contrat pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ils doivent donc se montrer patients, persévérants et être prêts en tout temps, car qui sait quand sera le prochain contrat. Véhiculer une image parfaite nécessite une hygiène de vie impeccable. Aucun écart n’est permis. La routine est primordiale, autant en ce qui concerne l’alimentation et l’activité physique que l’apparence. On n’espace pas trop deux colorations de cheveux ni deux épilations.

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Christopher Côté et Maryline Thivierge, Agence Caractère

Pour ajouter à la complexité de ce métier, il n’y a pas vraiment d’école qui enseigne cette profession. En effet, ce sont surtout les agences qui s’occupent de former les mannequins. Ces derniers apprennent donc leur métier en travaillant et les erreurs de parcours peuvent mettre fin à une carrière assez radicalement.

La triste réalité, selon Michelle Gauvin de l’agence EMA, c’est que dès les débuts d’une carrière, il faut déjà commencer à préparer sa sortie. Cette carrière étant généralement éphémère, il est fortement recommandé que les mannequins poursuivent leurs études en parallèle, ce qui n’est pas toujours conciliable avec une carrière sur le marché international. Le mannequin devra non seulement s’adapter à des voyages fréquents, mais il devra aussi correspondre à des critères plus stricts que ceux du Québec. À cet égard, la durée de la carrière à l’international est souvent plus courte.

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Jonathan et Jordan, Agence Ema

En contrepartie, Isabelle Pichette de l’agence Caractère à Québec précise que les agences se montrent aujourd’hui beaucoup plus intéressées à représenter des mannequins qui ressemblent davantage à leur clientèle. Ainsi, il n’est plus rare de voir des mannequins âgés de 35 à 40 ans. Une bonne nouvelle pour ceux et celles qui souhaitent prolonger leur carrière.

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