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C’est pas grave

27 février 2014 - Par Pierre Paul-Hus

Vous serez sans doute d’accord avec moi pour dire que, depuis quelque temps, le Québec ressemble à un poisson plongé dans l’eau bouillante qui tente, en même temps, de remonter le courant. Le spectacle n’est pas très chic à voir. Moi qui suis plutôt de nature combative, j’avoue que, certains jours, je me demande s’il ne serait pas plus simple – et surtout plus sain ! – de me résigner au triste sort qui semble attendre notre province et de tout simplement me laisser porter par le courant. Dernièrement, j’ai donc tenté de me livrer à un exercice de détachement qui ressemblait à peu près à ceci :

Une partie de l’industrie de la construction est corrompue jusqu’à l’os et la commission Charbonneau n’a pas encore fini de nous révéler tous les sordides stratagèmes qui ont permis à plusieurs entrepreneurs véreux de voler l’argent des contribuables, mais… c’est pas grave !

Les syndicats ont pris le pouvoir de l’État et des grandes entreprises au point de les étouffer, allant même jusqu’à en tuer certaines, mais… c’est pas grave !

La dette du Québec gonfle à vue d’œil, au point où une agence de crédit place la province sous surveillance. Pendant ce temps, le gouvernement refuse de couper dans la multitude de programmes sociaux et multiplie les annonces d’investissement, mais… c’est pas grave !

Le Québec reçoit 9,3 milliards de dollars en péréquation du gouvernement fédéral et crie encore à l’injustice, exigeant d’en recevoir plus, mais… c’est vraiment pas grave !

Au lieu de se concentrer sur les véritables enjeux de société, l’équipe Marois consacre temps et énergie à débattre d’une charte des valeurs qui ne fait que diviser davantage les Québécois, mais qui lui permettra probablement de remporter ses prochaines élections, mais… c’est pas grave !

Les exemples de situations qui ne sont « pas graves » sont infinis. J’ai donc eu l’occasion de « tester » mon détachement bien comme il faut ! Malheureusement, j’ai fait une rechute en peu de temps…

La vérité, c’est que je trouve l’eau bouillante très inconfortable. Je suis bien prêt à continuer de faire les efforts pour tenter de remonter le courant, mais certainement pas pour servir d’appât. Par-dessus tout, je déteste qu’on me prenne pour un poisson !

Je continuerai donc de me battre, de m’indigner et de dénoncer tout ce qui me semble aberrant, n’en déplaise à tous ceux et celles qui préfèrent continuer de croire que… c’est pas grave !

 

 

 

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